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Présidentielle 2025 : Adjoumani recadre l’opposition après la mission onusienne

Le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du RHDP, le mercredi 24 septembre lors d’une conférence de presse à Abidjan.

À cinq semaines de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, la scène politique ivoirienne s’anime autour de la récente visite de Leonardo Santos Simão, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. La mission, qui s’est tenue à Abidjan, visait officiellement à échanger avec les acteurs politiques sur la nécessité d’un scrutin apaisé. Mais déjà, l’opposition y voit des intentions cachées.

Face à ce qu’il appelle un « narratif fantasmé », le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du RHDP, est monté au créneau ce mercredi 24 septembre lors d’une conférence de presse. « Comme à chaque élection, l’ONU dépêche une délégation pour échanger avec les parties prenantes. Mais l’opposition choisit encore de se livrer à des spéculations sans fondement », a-t-il fustigé.

Selon lui, certains responsables politiques tentent de faire croire que la mission onusienne aurait été envoyée en urgence pour imposer un report du scrutin, après la décision du président Alassane Ouattara de ne pas se rendre aux Assemblées générales de New York. « L’ONU serait venue déchirer la décision du Conseil constitutionnel et imposer ses propres règles. Non ! Les Nations Unies respectent nos institutions et la souveraineté des États », a martelé M. Adjoumani.

Pour le camp présidentiel, la mission avait un seul objectif : rappeler aux acteurs politiques la nécessité d’élections apaisées dans un pays qui demeure un pilier de la stabilité sous-régionale. « Jamais il n’a été question de négocier ou d’imposer la candidature d’Alpha, d’Omega ou de Beta », a insisté le porte-parole, rappelant que la déclaration officielle du chef de mission de l’ONU ne contient aucune trace d’injonction.

Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel avait tranché sur les 60 candidatures enregistrées, n’en retenant que cinq, dont celle du président sortant. Les 55 autres ont été rejetées pour « motifs juridiques objectifs et incontestables », a défendu Adjoumani. Selon lui, cette sélection garantit une compétition ouverte, où « toutes les sensibilités politiques significatives du pays » sont représentées.

Le porte-parole du RHDP s’est insurgé contre « la thèse de l’exclusion », brandie par l’opposition. « Jean-Louis Billon, Simone Ehivet et Don Mello, tous issus des rangs du PDCI ou du parti de l’ex-président Gbagbo, sont bel et bien en lice », a-t-il fait valoir.

Quant aux accusations du PPA-CI, évoquant des enlèvements de militants par des hommes encagoulés, Adjoumani a parlé d’« allégations infondées », appelant à laisser la justice faire son travail.

Se voulant rassurant, il a réaffirmé la candidature d’Alassane Ouattara comme une volonté de « consolider la stabilité, la paix et la sécurité ». Dans un appel appuyé à la jeunesse ivoirienne, il a exhorté : « Votre avenir n’est pas dans la bagarre, ni dans la confrontation. Brûler, détruire et tuer n’est pas un programme de société. Votre avenir ne peut être assuré que dans un climat de paix et de stabilité. »

En face, l’opposition maintient sa demande d’un dialogue politique « indispensable » sur des questions clés : audit de la liste électorale, réforme de la loi électorale et de la CEI, rôle du Conseil constitutionnel. À mesure que la date approche, le fossé entre les deux camps reste entier : là où le pouvoir défend la régularité du processus, l’opposition continue de réclamer davantage de garanties.

LJP

Équipe LeJourPile

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