Une rencontre capitale à Abidjan
À un mois du scrutin présidentiel ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), a reçu samedi 20 septembre à Abidjan Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. L’audience, tenue au siège du FPI à Cocody Deux-Plateaux Vallons, intervient dans un contexte de fortes tensions politiques, après le rejet de la candidature d’Affi par le Conseil constitutionnel le 8 septembre.
Une élection contestée
Sur soixante dossiers déposés, seuls cinq ont été validés, dont celui du président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Pour Pascal Affi N’Guessan, cette décision illustre des « erreurs » du Conseil constitutionnel et un processus électoral qu’il juge « inconstitutionnel et dangereux ». L’ancien Premier ministre a réclamé la reprise du processus électoral et un cadre de scrutin transparent et inclusif.
Une alerte sur le risque de crise
Devant la presse, Affi a mis en garde contre des tensions comparables, voire plus graves, à celles de 2010-2011 : « Nous sommes totalement d’accord avec le représentant spécial sur la nécessité d’utiliser toutes les voies légales pour que le processus électoral en cours ne débouche pas sur des conflits graves comme ceux que nous avons connus. »
Selon lui, la situation actuelle « est devenue plus dangereuse » et menace la sécurité non seulement nationale, mais également sous-régionale.
Un appel à l’ONU pour un dialogue inclusif
Affi N’Guessan a exhorté les Nations unies à « s’engager davantage », en portant la question ivoirienne devant le Conseil de sécurité afin de stopper le processus électoral actuel et d’ouvrir un dialogue inclusif entre acteurs politiques et sociaux. L’objectif : garantir des élections transparentes, apaisées et inclusives, tout en préservant les acquis économiques du pays.
« Nous considérons que la mission des Nations Unies ne doit pas s’arrêter à sa simple observation », a insisté l’ancien Premier ministre, appelant à un engagement plus concret de l’ONU.
Une mission onusienne attentive
Depuis le 18 septembre, Leonardo Santos Simão mène une série de consultations avec les leaders politiques ivoiriens. Déjà présent en avril, il avait rencontré la CAP-CI, le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam. Après ses entretiens avec Alassane Ouattara, Pascal Affi N’Guessan et le couple Gbagbo, le représentant spécial pourrait publier une déclaration officielle à l’issue de sa mission.
LJP

