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Recalé par le Conseil constitutionnel, le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, refuse de se taire. À ses yeux, ce qui est en jeu dépasse son cas personnel : c’est l’avenir de la démocratie ivoirienne. C’est pourquoi, à l’ouverture de la deuxième session parlementaire en octobre, il déposera une proposition de loi pour réformer le Code électoral et mettre fin aux dérives du parrainage citoyen.
« Entre les parrainages que nous avons déposés et ceux que le Conseil a reconnus, 8 179 ont disparu. Où sont-ils passés ? Personne ne le sait. Ce silence alimente le doute, et une justice qui entretient le soupçon affaiblit la démocratie », a-t-il dénoncé.
Pour lui, le parrainage citoyen, censé garantir l’ancrage national d’un candidat, est devenu une arme d’élimination politique. « Nous venons de voir qu’en un clic, on peut effacer le sacrifice de milliers de citoyens. Ce n’est pas acceptable. La démocratie exige transparence et honnêteté, rien de moins », martèle-t-il.
Sa réforme visera à introduire le principe du contradictoire dans la vérification des parrainages : permettre aux candidats ou à leurs représentants d’être présents lors du contrôle technique effectué par le Conseil constitutionnel. Une exigence simple, mais décisive pour restaurer la confiance.
Lucide, Assalé sait que sa proposition risque le rejet ou l’oubli, comme celles qu’il a déjà portées depuis 2022. Mais il veut marquer l’histoire : « Je la déposerai pour la vérité, pour l’intégrité de notre système démocratique. »
Et il ne compte pas s’arrêter là : le député entend saisir la Cour de Justice de la CEDEAO, à l’image du Sénégal qui a obtenu la suppression du parrainage jugé opaque.
Il n’est pas seul. Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, également recalé par le Conseil, dénonce une « élimination politique arbitraire ». Pour lui, les chiffres avancés – 21 143 parrainages invalidés – sont « hallucinants » et ne correspondent en rien à son dossier. Il a annoncé vouloir saisir la justice pour exiger la suspension du processus électoral.
Deux voix, deux parcours, mais un même cri : la Côte d’Ivoire ne peut pas confier son avenir à un système flou et discrétionnaire. La démocratie ne survit que dans la transparence. 2025 doit être le moment de vérité
LJP
