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Deux jours après le rejet de son recours, Maurice Kamto sort de son silence pour dénoncer une « opération politique » montée de toutes pièces pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle. Face à ce qu’il qualifie de mascarade institutionnelle, le leader du MRC appelle ses partisans à rester mobilisés et réaffirme que la lutte est loin d’être terminée.
C’est un cri de colère contenu, mais déterminé. Maurice Kamto, figure majeure de l’opposition camerounaise, a vivement réagi ce 7 août 2025 à la décision du Conseil constitutionnel d’écarter définitivement sa candidature à l’élection présidentielle. Derrière les arguments juridiques invoqués – une supposée double investiture – il voit la main bien visible d’un pouvoir décidé à verrouiller le scrutin.
« Ma mise à l’écart a été planifiée depuis longtemps », dénonce-t-il. Le chef du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) affirme que le régime en place a « fabriqué un faux président du Manidem » – parti qui l’a investi – et orchestré une seconde candidature fantôme pour provoquer un conflit interne. Résultat : la sienne a été invalidée d’office.
Le candidat malheureux de 2018, crédité alors de 14 % des suffrages, accuse ELECAM, la justice et l’administration de former une alliance pour l’écarter du jeu démocratique. À cela s’ajoute, selon lui, un calendrier électoral manipulé : le report des législatives à 2026 prive le MRC d’élus, une exigence pour toute candidature présidentielle. Une stratégie délibérée, martèle-t-il, pour neutraliser un parti qui dérange.
Kamto s’en prend également à la communauté internationale, et particulièrement à l’ONU, qu’il accuse d’avoir couvert ce qu’il considère comme un simulacre de démocratie. Il cite un accord signé entre ELECAM et les Nations unies comme preuve d’une caution internationale donnée à une élection faussée.
Malgré cette éviction, Kamto refuse de baisser les bras. Il remercie les formations alliées, annonce la clôture de sa levée de fonds avec remboursement à la clé, et surtout, exhorte ses militants à ne pas céder au découragement. « Je suis debout. La lutte continue », conclut-il.
Ce rejet n’est pas qu’une affaire de candidatures. Il cristallise une bataille plus large pour l’ouverture démocratique au Cameroun, où l’alternance reste un horizon encore lointain.
Loba P
