Il voulait incarner l’élan d’une génération en quête de renouveau. Mais pour Jean François Kouassi, surnommé le « candidat de la jeunesse », la réalité est venue doucher ses ambitions : sur les 35 millions de FCFA qu’il espérait lever en ligne en trois jours, seuls 70 643 FCFA ont été collectés.
Le contraste est brutal. Ce pari numérique, lancé au lendemain du dépôt de son dossier à la Commission électorale indépendante (CEI), devait illustrer une nouvelle manière de faire de la politique, portée par la participation directe des citoyens. Mais il révèle au contraire un décalage entre le discours sur l’alternance générationnelle et la capacité concrète à mobiliser.
Cet échec interroge. Les jeunes, souvent cités comme la « majorité silencieuse » avide de changement, peinent encore à transformer leur frustration en engagement actif, notamment financier. Dans un pays où la politique reste dominée par des figures historiques: Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Simone Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, l’expérience de Kouassi apparaît comme un signal : le renouvellement générationnel ne se décrète pas, il doit s’enraciner dans des structures solides de mobilisation et de confiance.
En attendant la validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, Jean François Kouassi tente de rebondir en lançant un défi aux poids lourds : un débat public pour confronter les programmes de société. Une manière de rappeler que, malgré la faiblesse de sa collecte, il entend rester dans l’arène politique.
Mais une question demeure : cette jeunesse qu’il prétend représenter est-elle prête à passer des slogans aux actes ?
Loba Perez

