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« Trop c’est trop ! » C’est par ce cri de ralliement que le PPA-CI de Laurent Gbagbo entend mobiliser la rue et les consciences face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » du pouvoir en place. Le mercredi 3 juillet 2025, lors de sa tribune hebdomadaire, le parti a haussé le ton. Le spectre d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara est désormais au cœur du combat politique de l’opposition ivoirienne.
À la tribune, Justin Koné Katinan, bras stratégique du parti et ancien ministre du Budget, ne mâche pas ses mots : « Il n’est pas question d’accepter une nouvelle candidature de M. Ouattara. Le pays est déjà en crise préélectorale, et cette crise est artificiellement entretenue par le RHDP. » Pour lui, la mécanique est connue : exclusion d’adversaires, verrouillage des institutions, manipulation des règles du jeu.
Face à cette situation, le PPA-CI et son allié naturel, le PDCI-RDA, annoncent un front commun. Objectif : barrer la route à ce qu’ils perçoivent comme une confiscation programmée du pouvoir. Le mouvement « Trop c’est Trop », confié à Dano Djédjé, veut canaliser l’exaspération populaire et fédérer toutes les forces opposées à un troisième quinquennat déguisé.
Car si la Constitution limite le nombre de mandats à deux, une interprétation du Conseil constitutionnel en 2020, après la réforme de 2016, a permis au président Ouattara de se représenter. Pour l’opposition, cette pirouette juridique ne peut plus passer en 2025.
« Il ne s’agit pas seulement de politique. Il s’agit de sauver ce qu’il reste de démocratie dans notre pays », martèle Koné Katinan. Il appelle à un large mouvement citoyen et à une mobilisation pacifique, mais déterminée, pour une élection véritablement inclusive.
L’opposition exige une réforme profonde de la Commission électorale indépendante (CEI), la réintégration des grandes figures politiques écartées du jeu (Gbagbo, Thiam, Soro, Blé Goudé) et un audit sincère de la liste électorale. Elle réclame aussi que chaque vote compte, et que les résultats soient publiés bureau par bureau, sans manipulation.
Et si certains doutent encore de l’engagement de Laurent Gbagbo, Koné Katinan lève toute ambiguïté : « Il est notre candidat. Point. Cette décision ne se négocie pas. »
À quinze mois du scrutin, le ton est donné. Le PPA-CI choisit l’affrontement politique direct. L’heure des compromis semble révolue.
L.P.
