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Présidentielle 2025 : l’ONU somme la Côte d’Ivoire de rétablir les droits politiques de Tidjane Thiam

ByÉquipe LeJourPile

Juil 29, 2025

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Est-ce une gifle diplomatique que vient d’infliger le Comité des droits de l’Homme de l’ONU à l’État ivoirien? Dans une décision rendue publique ce 29 juillet, l’instance internationale invite formellement la Côte d’Ivoire à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour permettre à Tidjane Thiam, président du PDCI, d’exercer ses droits politiques, y compris celui de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2025.

« Cette décision est claire : M. Thiam doit pouvoir voter, être élu et accéder aux fonctions publiques, comme le garantit l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques », déclare Me Mathias Chichportich, avocat du leader d’opposition, dénonçant une exclusion électorale « juridiquement infondée ».

En toile de fond : la radiation de Tidjane Thiam des listes électorales par les autorités ivoiriennes. La justice lui reproche d’avoir détenu la nationalité française, acquise en 1987,  au moment de son inscription. Une lecture rigide de la loi, alors même que l’intéressé a officiellement renoncé à sa nationalité française le 19 mars 2025.

Mais pour le Comité onusien, l’affaire dépasse le débat juridique : elle touche à l’essence même de la démocratie. Car empêcher un candidat de l’opposition de se présenter, au mépris des normes internationales ratifiées par l’État ivoirien, c’est exposer le pays à une crise de légitimité.

Le Comité n’a pas ordonné de mesures provisoires immédiates, mais il met en garde : tant que la procédure reste ouverte, la Côte d’Ivoire est tenue de garantir les droits politiques de Thiam. « Les autorités ivoiriennes sont désormais face à leur propre Constitution, mais aussi au regard du monde », prévient Me Chichportich. « Il en va de leur crédibilité dans le concert des Nations. »

À moins de trois mois de la présidentielle, cette décision fait l’effet d’un avertissement cinglant. Elle place le pouvoir ivoirien devant un choix : respecter le droit international ou s’enfoncer dans une logique d’exclusion aux conséquences politiques potentiellement explosives.

L.P.

Équipe LeJourPile