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Présidentielle au Cameroun : Issa Tchiroma défie le pouvoir et promet de dévoiler ses propres résultats

ByÉquipe LeJourPile

Oct 19, 2025

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L’heure de vérité approche au Cameroun. À Yaoundé comme à Garoua, les regards se tournent désormais vers le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FNSC), Issa Tchiroma Bakary, qui a annoncé dimanche la publication prochaine de ses propres tendances électorales issues des procès-verbaux signés dans les bureaux de vote.

Selon son équipe de campagne, ces chiffres couvriront 18 départements, soit près de 80 % du corps électoral national. Le candidat affirme vouloir « rétablir la vérité des urnes » face à un pouvoir qu’il accuse de manipuler le processus. « Les résultats que nous publierons seront documentés, signés et conformes à la volonté du peuple », a-t-il déclaré, promettant de rendre publics les procès-verbaux pour chaque bureau concerné.

Déjà, le 14 octobre, Tchiroma avait revendiqué la victoire face à Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 et en quête d’un huitième mandat. Une annonce qui a provoqué la colère du camp présidentiel. Le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul, a dénoncé une « imposture » et un « comportement anti-républicain », rappelant que seul le Conseil constitutionnel est habilité à proclamer les résultats officiels.

Mais pour Tchiroma, le verrou institutionnel ne saurait étouffer la voix populaire. L’ancien ministre, qui dit avoir échangé avec certains membres du gouvernement et des forces de sécurité, assure que le peuple camerounais a voté pour l’alternance.

En parallèle, l’opposant Maurice Kamto, exclu du scrutin, a appelé au respect du vote des citoyens et à la retenue du pouvoir. Dans une déclaration consultée par APA, il met en garde contre une dérive autoritaire dans un pays miné par la pauvreté, la crise anglophone et les attaques de Boko Haram. « Ceux qui menacent la stabilité ne sont pas ceux qui votent, mais ceux qui veulent déformer la parole des urnes », a-t-il insisté.

LJP

Le Conseil électoral a confirmé la mise en place de la Commission nationale de recensement général des votes, dont les conclusions sont attendues d’ici le 26 octobre. Mais, sur le terrain, une autre vérité semble déjà se préparer : celle que les urnes du peuple pourraient imposer face aux silences du pouvoir.

Équipe LeJourPile