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Charles Blé Goudé n’est pas candidat, mais il sera bien présent. Écarté des listes électorales, l’ancien « général de la rue » n’a pas dit son dernier mot. Simone Ehivet Gbagbo vient de lui confier les clés de sa campagne pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Un signal fort, presque un défi lancé au pouvoir en place et à ses adversaires.
Car derrière ce choix, c’est toute une stratégie qui se dessine. Blé Goudé, longtemps perçu comme le tribun incandescent de la galaxie patriotique, revient sur le devant de la scène avec un rôle qu’il affectionne : celui de mobilisateur, de stratège, de figure capable de réveiller les foules. Mais cette fois, il se présente sous un autre visage : celui d’un homme qui revendique la paix, tout en maniant encore l’art de la bataille politique.
Face à Alassane Ouattara, candidat à un nouveau mandat, l’opposition issue du camp Gbagbo avance en ordre dispersé. Simone Gbagbo, forte de son aura historique, incarne la fidélité et la persévérance ; Ahoua Don Mello, devenu indépendant après son éviction par Laurent Gbagbo, veut se poser en alternative. Mais dans ce duel fragmenté, Blé Goudé pourrait bien être l’arbitre invisible.
Car au-delà des candidatures, la présidentielle d’octobre sera une question de souffle, de mobilisation et de confiance. Et dans ces domaines, rares sont ceux qui égalent Blé Goudé. Simone Gbagbo l’a compris : pour exister dans cette élection, elle a besoin d’un chef d’orchestre capable de transformer la nostalgie en énergie politique.
Reste une inconnue : les parrainages, cette barrière qui décidera qui pourra vraiment se présenter. Mais une chose est sûre : même sans bulletin à son nom, Charles Blé Goudé vient de rappeler qu’il reste une pièce maîtresse du puzzle ivoirien. Et que, parfois, l’influence peut peser plus lourd que la candidature elle-même.
LJP
