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Présidentielle ivoirienne 2025 : des candidatures symboliques qui interrogent

ByÉquipe LeJourPile

Août 14, 2025

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Alors que la Commission électorale indépendante (CEI) poursuit la réception des dossiers pour la présidentielle du 25 octobre 2025, un phénomène suscite l’inquiétude : des postulants qui ne remplissent pas les critères légaux, mais tiennent à déposer leur candidature.

Depuis l’ouverture officielle de la période de dépôt, le 25 juillet, seules trois candidatures ont été enregistrées : Mohamed Kouakou N’da (indépendant), Yves Michel Junior Dabé, 24 ans, président du Front Patriotique Panafricain (FPP), et, le 13 août, ADOH Brou René (indépendant). Or, l’âge minimum fixé par le Code électoral pour se présenter à la magistrature suprême est de 35 ans, ce qui rend la candidature de M. Dabé automatiquement irrecevable. Quant à ADOH Brou René, son dossier est incomplet et ne pourra prospérer devant le Conseil constitutionnel.

Derrière ces candidatures, se profile souvent une stratégie de visibilité médiatique : profiter du dépôt, même symbolique ou voué à l’invalidation, pour capter l’attention publique. Mais ce jeu n’est pas sans conséquence. La CEI doit traiter tous les dossiers, complets ou non, et le Conseil constitutionnel devra examiner pièce par pièce chaque candidature, au risque de ralentir le processus et de détourner l’attention des candidatures sérieuses.

Cette forme de « pollution administrative » fragilise la crédibilité du processus électoral. Si la pluralité des candidatures est un atout en démocratie, elle doit s’exercer dans le respect des règles. Dans un contexte politique sensible, la rigueur et la responsabilité des acteurs restent essentielles pour garantir un scrutin apaisé, crédible et digne des enjeux que représente le choix du prochain président de la République.

Loba Perez

Équipe LeJourPile