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Présidentielle ivoirienne 2025: Laurent Gbagbo dénonce un “braquage électoral”

ByÉquipe LeJourPile

Oct 22, 2025

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À trois jours du scrutin présidentiel, le ton est monté d’un cran sur la scène politique ivoirienne. Invité de l’émission Moment de vérités du journaliste Alain Foka, l’ancien président Laurent Gbagbo a livré, ce mercredi 22 octobre 2025, une charge frontale contre le processus électoral en cours.

« Ce qui va se passer le 25 octobre est un coup d’État civil, un braquage électoral », a lancé le fondateur du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dénonçant un scrutin, selon lui, « verrouillé » et « dénué de toute équité ».

Écarté de la course à la présidence en raison de sa condamnation à vingt ans de prison dans l’affaire du braquage de la BCEAO, Laurent Gbagbo estime que cette décision, rendue en 2018 alors qu’il était encore détenu à la Cour pénale internationale, relève d’une « manœuvre politique ». « C’est pour des raisons électoralistes que je suis le seul à ne pas avoir été amnistié », a-t-il martelé, accusant le pouvoir d’avoir instrumentalisé la justice pour l’écarter du jeu démocratique.

L’ancien chef d’État a également pointé l’exclusion d’autres figures majeures de l’opposition, dont Tidjane Thiam (PDCI-RDA) et Pascal Affi N’Guessan (FPI), deux candidats disqualifiés par le Conseil constitutionnel. « Tous ceux qui pouvaient gagner l’élection ont été éliminés », a-t-il dénoncé, évoquant un scrutin « sans véritable concurrence ».

Interrogé sur la candidature de son ancien ministre Ahoua Don Mello, Gbagbo a clarifié toute ambiguïté : « Don Mello n’a jamais soumis son idée à débat, même pas à moi. Il est candidat de son propre chef. Je n’appelle à voter pour personne. »

Cette prise de parole intervient dans un climat politique explosif, où la contestation du quatrième mandat du président Alassane Ouattara continue de mobiliser dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. Selon des sources locales, les manifestations anti-4e mandat ont déjà fait au moins quatre morts, dont un gendarme.

Plus de 700 personnes ont été interpellées, selon le procureur de la République Oumar Braman Koné. Les principales formations de l’opposition et des organisations de la société civile dénoncent une répression systématique des rassemblements pacifiques.

De son côté, le gouvernement maintient son interdiction des manifestations publiques, évoquant des raisons de sécurité et de préservation de l’ordre public. Dans un communiqué publié le 17 octobre, le ministre de la Justice Sansan Kambilé a réaffirmé que « le droit de manifester peut être restreint dans l’intérêt de la sécurité nationale ».

À l’approche du scrutin, le fossé se creuse entre le pouvoir et une opposition muselée, tandis que la société civile redoute une nouvelle flambée de tensions. Dans les rues comme sur les plateaux télé, le climat est à la défiance, et la Côte d’Ivoire retient son souffle à la veille d’une élection déjà sous haute tension.

Ljp

Équipe LeJourPile