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Présidentielle ivoirienne 2025: Laurent Gbagbo riposte face à son exclusion  

L’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo, Président du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), était le samedi 7 juin 2025, au terrain du village de Petit Bassam de à Port-Bouët, dans le cadre de ses meetings de mobilisation dénommés: ''Côcôcô c’est Laurent Gbagbo''. ».

L’ambiance était électrique, le samedi 7 juin 2025, sur le terrain du village de Petit-Bassam, à Port-Bouët. Une marée humaine, avec t-shirts frappés de l’effigie de l’ancien président Laurent Gbagbo a envahi les lieux. Chants militants et pancartes brandies haut sous le soleil de plomb dominent la scène.  Le président du Parti des Peuples Africains- Côte d’Ivoire (PPA-CI), y  est attendu. Notamment dans le cadre de sa tournée de mobilisation baptisée: « Côcôcô, c’est Laurent Gbagbo ». Tournée dont il poursuit dans un contexte politique de plus en plus tendu, à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Au cœur du rassemblement : sa radiation de la liste électorale, publiée par la Commission électorale indépendante (CEI) le 4 juin dernier. Une exclusion qu’il n’a pas hésité à qualifier de manœuvre politique orchestrée par le pouvoir en place, qu’il accuse d’utiliser les institutions à des fins partisanes.

« Je ne serai pas candidat à la présidence de la République, pas parce que j’ai volé. Je ne suis pas un voleur. Et puisqu’ils veulent qu’on se batte, alors on va se battre. »,a-t-il lancé.

Un discours frontal, parfois grave, parfois rageur. La voix rocailleuse, l’ancien chef de l’État a rappelé son passé de militant, revendiquant « une culture du combat » depuis ses 18 ans. « Je sais recevoir des coups, mais je sais aussi en donner.  Trop, c’est trop. », a-t-il prévenu, sous les acclamations de ses partisans.

Pour Laurent Gbagbo, cette radiation qu’il relie à sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire du braquage de la BCEAO, n’est qu’un prétexte pour écarter un adversaire politique de poids. Il dénonce un traitement inéquitable dans un pays où, selon lui, ceux qui briguent un quatrième mandat sont ceux-là mêmes qui devraient être déclarés inéligibles.

« Vous nous avez eus une première fois. Vous ne nous aurez pas une deuxième », a-t-il déclaré, s’adressant sans le nommer au président Alassane Ouattara. « Considérez qu’ils veulent qu’on se batte. Soyez prêts pour la bagarre. »

À la tribune, l’ex-président ne s’est pas limité à l’échéance électorale. Il a également dénoncé la situation des droits humains dans le pays. Evoquant la présence, selon lui, de 105 prisonniers politiques encore derrière les barreaux. Ainsi que des conditions de vie, a-t-dit, précaires et une jeunesse en mal d’avenir.

« Je rêve d’un pays où il y a la liberté, où les populations ne meurent pas de faim. Un pays où l’école est gratuite, où l’on peut se soigner quand on est malade. »

Malgré l’ombre de son inéligibilité, Gbagbo ne semble pas prêt à se retirer de la scène. Le combat, a-t- il dit, continue. Et ses partisans, galvanisés par ce discours musclé, semblent bien décidés à le suivre jusqu’au bout.

Loba Perez

Équipe LeJourPile

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