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Dans une salle tendue, empreinte d’indignation maîtrisée, Me Jean-Chrysostome Blessy, avocat du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), prend la parole. Ce jeudi 26 juin 2025, il n’est pas venu plaider un simple dossier, mais défendre, avec fermeté, ce que son parti considère comme un enjeu fondamental pour la démocratie ivoirienne : l’intégrité du processus électoral.
Aux côtés de Brédoumy Soumaïla, porte-parole du PDCI, l’avocat dénonce sans détour ce qu’il nomme une manœuvre d’exclusion maquillée sous les traits administratifs du “parrainage”. À quelques mois de la présidentielle, la colère monte. « C’est une procédure de parrainage qu’on veut utiliser comme une méthode d’exclusion », tonne-t-il, la voix grave, accusant la Commission Électorale Indépendante (CEI) de fausser les règles du jeu.
Pour Me Blessy, l’institution électorale outrepasse son rôle : « Elle ne peut s’ériger en juge. Elle n’en a ni la mission, ni la légitimité ». Son regard balaie l’assemblée. Ce n’est pas une plainte qu’il formule, c’est une alerte. Une mise en garde au gouvernement : « En patriote, je veux demander au gouvernement de faire attention. La CEI est en train de les induire en erreur ».
L’avocat dresse un constat sévère : le PDCI, l’un des plus anciens partis du pays, n’a été associé à aucune activité de la CEI. Et le fichier électoral, censé être révisé avant toute échéance électorale, demeure figé, opaque. « Il devrait y avoir une révision de la liste électorale si la CEI respectait sa parole », martèle-t-il. Plus grave encore, il évoque l’enrôlement de mineurs et leur inclusion automatique une fois majeurs : un système “qui rompt l’égalité entre les citoyens”.
Mais au cœur de son plaidoyer, c’est la légitimité même du parrainage qu’il interroge. « Vous ne pouvez pas prendre un décret autre que celui de 2020 », a prévenu l’homme de droit. Rappelant que toute modification du cadre juridique électoral ne peut être imposée unilatéralement.
Le ton monte encore lorsqu’il en appelle à la vigilance militante : « Nous restons vigilants. On ne lâchera pas la grappe. Par les moyens légaux, nous protesterons », insiste-t-il, déterminé à maintenir la pression sur l’arène politique.
Sa dernière phrase résonne comme un mot d’ordre sans équivoque. « Les militants du PDCI-RDA ne doivent accorder aucun parrainage à un autre candidat que Tidjane Thiam », a-t-il indiqué.
Un avertissement lancé, une ligne rouge tracée. En ce début de campagne, le PDCI refuse d’être un figurant. Il revendique son rôle de vigie républicaine. Notamment, face à ce qu’il perçoit comme une dérive inquiétante des mécanismes démocratiques ivoiriens.
Loba Perez
