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À un mois de la présidentielle du 25 octobre, la Commission électorale indépendante (CEI) a reçu ce lundi 22 septembre la visite du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão. Accueilli par le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, le diplomate onusien s’est informé de l’état d’avancement des préparatifs.
L’ONU insiste sur la transparence
« La CEI a un rôle clé à jouer. Nous l’encourageons à poursuivre ses efforts pour que les élections se tiennent dans la paix », a déclaré M. Simão à l’issue de la rencontre. Derrière cette formule diplomatique se cache une inquiétude réelle : le scrutin se déroule dans un climat de méfiance, marqué par l’exclusion de la majorité des figures de l’opposition.
Un processus verrouillé ?
Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a validé seulement cinq candidatures sur soixante. Parmi les recalés figurent Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan. Seuls Alassane Ouattara et Simone Ehivet Gbagbo restent en lice parmi les poids lourds politiques. Une sélection qui alimente les accusations d’élection verrouillée, destinée à assurer un quatrième mandat au président sortant.
La pédagogie électorale ne suffit pas
L’émissaire de l’ONU a insisté sur la nécessité de vulgariser la loi électorale et de renforcer la formation civique. Mais pour beaucoup d’opposants, expliquer des règles jugées partiales n’apaisera pas les tensions. La vraie question demeure : peut-on organiser une élection apaisée si une partie décisive du paysage politique est écartée ?
Un risque de crise récurrente
Simão a déjà échangé avec Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan. Son objectif : maintenir le dialogue et éviter que la Côte d’Ivoire ne bascule à nouveau dans la spirale de violence, comme en 2010-2011. Mais les signaux actuels rappellent une leçon dure : une élection sans consensus est une élection sans légitimité.
LJP
