Le Président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a été désigné lauréat du Prix Africain pour la Paix 2026 pour sa gestion pacifique de la transition politique et l’ouverture humanitaire exemplaire du Tchad aux réfugiés soudanais, a annoncé la Conférence Africaine pour la Paix.
La décision a été prise à l’unanimité par le Comité du Prix, réuni au siège des Nations Unies à Genève, sous l’égide de l’Université pour la Paix (UPEACE). La réunion était présidée par le Dr David Fernández Puyana, représentant permanent de l’UPEACE auprès de l’ONU, en présence de Cheikh Al-Mahfoudh Bin Bayyah, Secrétaire général du Forum d’Abu Dhabi pour la Paix, ainsi que de diplomates, juristes et défenseurs des droits humains.
Selon le Comité, ce choix consacre un leadership marqué par une responsabilité nationale et humanitaire élevée, illustrée par le renforcement de l’unité nationale et le recours au dialogue comme option stratégique dans la résolution des différends politiques et régionaux.
Depuis son accession au pouvoir, Mahamat Déby Itno s’est engagé dans un processus de réconciliation nationale, tout en menant la lutte contre l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière. Le Comité souligne notamment sa capacité à conduire une transition politique sensible sans basculer dans la violence, un fait rare dans la région.
Sur le plan humanitaire, le Tchad a été salué par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) pour avoir ouvert ses frontières à des centaines de milliers de réfugiés soudanais fuyant la guerre. Sur instruction du chef de l’État, des corridors humanitaires ont été établis dans plusieurs zones de l’Est tchadien, notamment Adré, Tiné, Kornoy, Um Dukhun, Wadi Hawar et Amdjarass.
Les rapports humanitaires indiquent que 40 à 45 % des réfugiés ont été directement intégrés au sein des communautés locales, partageant foyers, écoles et points d’eau. Cette solidarité a valu au Tchad d’être qualifié par les Nations Unies de « modèle rare de générosité africaine envers les réfugiés, malgré des ressources limitées », une politique qui aurait permis de sauver des centaines de milliers de vies.
Pour le Comité, cette distinction s’inscrit pleinement dans la mission du Prix Africain pour la Paix, qui vise à honorer les dirigeants incarnant les valeurs de paix, de sécurité et de développement durable, conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine, « L’Afrique que nous voulons ».
Avant Mahamat Déby Itno, le Prix Africain pour la Paix a été décerné à Mohamed Bazoum (Niger, 2022), Muhammadu Buhari (Nigeria, 2023), Adama Barrow (Gambie, 2024) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire, 2025).
« Cette distinction envoie un message fort à l’Afrique : la stabilité et le développement commencent par le choix du dialogue plutôt que la confrontation », a déclaré le Dr Fernández Puyana à Genève. De son côté, Cheikh Al-Mahfoudh Bin Bayyah a souligné que ce prix « consacre une vision de leadership qui place l’être humain au cœur de l’action publique ».
La remise officielle du prix aura lieu début février à Nouakchott, lors de la séance inaugurale de la 6ᵉ Conférence Africaine pour la Paix, sous le haut patronage du Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Ljp

