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RDC : le porte-parole des FARDC suspendu après des propos jugés stigmatisants, Kigali réagit vivement

ByÉquipe LeJourPile

Déc 30, 2025

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Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont suspendu leur porte-parole, le général-major Sylvain Ekenge, à la suite de déclarations jugées stigmatisantes envers la communauté tutsi, provoquant une réaction immédiate du Rwanda et accentuant les tensions dans l’est du pays.

L’annonce a été faite dimanche à Kinshasa par l’état-major général des FARDC. Dans un communiqué signé par le chef d’état-major, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, la hiérarchie militaire a condamné les propos tenus la veille par le général Ekenge sur les antennes de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), les qualifiant d’incompatibles avec les valeurs républicaines et les missions constitutionnelles de l’armée.

Selon des sources concordantes, le porte-parole des FARDC a formulé des stéréotypes à l’encontre des Tutsi, suscitant une vive indignation. L’état-major a précisé que ces déclarations « ne reflètent en rien la position officielle de la République démocratique du Congo, ni celle du commandant suprême des FARDC, le président de la République, encore moins celle du gouvernement ».

La réaction du Rwanda a été immédiate. Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, a dénoncé sur les réseaux sociaux une « rhétorique génocidaire » et accusé l’officier congolais d’avoir repris des thèmes de propagande ayant précédé le génocide de 1994. Il a également mis en cause, de manière plus large, les autorités de Kinshasa, rappelant les tensions récurrentes liées à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

Le chef de la diplomatie rwandaise a averti que Kigali « n’acceptera jamais » une répétition de son histoire tragique, soulignant que de simples sanctions individuelles seraient insuffisantes pour apaiser les inquiétudes régionales.

De son côté, l’état-major des FARDC a réaffirmé sa volonté de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, tout en assurant la protection de « toutes les Congolaises et de tous les Congolais, sans distinction ». Il a appelé la population à l’unité nationale, à la cohésion et au rejet de tout discours de haine.

Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans l’est du pays, où les FARDC affrontent plusieurs groupes armés, dont le M23, accusé par Kinshasa d’être soutenu par Kigali, accusation rejetée par le Rwanda.

Ljp

Équipe LeJourPile