Washington promet, mais le Burkina doit prouver qu’il mérite un soutien ferme et durable.
L’audience du mardi 19 janvier 2026 entre l’ambassadrice américaine Joann Lockard et le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a confirmé ce que tout le monde sait déjà : les États-Unis restent un partenaire majeur du Burkina Faso dans le domaine sécuritaire. Mais derrière les mots rassurants se cache une question centrale : Washington peut-il réellement traduire cet engagement en actions concrètes et durables ?
Un soutien réel… mais calculé
Depuis plusieurs années, les États-Unis ont multiplié les collaborations avec le Burkina Faso : formation, équipements, renseignement, appui logistique. Leur intérêt est clair : stabiliser une région en proie au terrorisme, protéger leurs intérêts géopolitiques et limiter l’influence d’acteurs concurrents (Russie, Chine).
Ce soutien existe donc, mais il est calculé. Washington n’agit pas par pure solidarité, mais parce que le Burkina représente un maillon stratégique dans la lutte contre l’extrémisme au Sahel.
Les tensions diplomatiques révèlent la fragilité du partenariat
Les restrictions de visas imposées par Washington en décembre ont entraîné une riposte burkinabè. Cette crise révèle une vérité : les relations sont fragiles, et la coopération sécuritaire ne suffit pas à effacer les divergences politiques.
Or, une aide américaine “ferme” exige une confiance diplomatique solide. Et dans le cas présent, la confiance est déjà entamée.
Le vrai test : l’engagement se traduira-t-il sur le terrain ?
Promettre un soutien est une chose. Le concrétiser en est une autre.
La question est donc : Washington est-il prêt à intensifier son aide malgré les tensions ?
Ou bien cette promesse restera-t-elle un simple geste diplomatique, sans effets tangibles ?
Il faut aussi noter que Washington peut réduire son engagement si la situation politique du Burkina devient trop instable ou si des divergences stratégiques persistent. Le Burkina n’est pas irremplaçable pour les États-Unis, contrairement à ce que certains discours peuvent laisser croire.
Le soutien américain est conditionné
Au final, l’aide américaine dépend de deux facteurs :
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La stabilité politique et diplomatique du Burkina
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La capacité de Ouagadougou à rester aligné sur les priorités stratégiques de Washington
Si ces conditions ne sont pas remplies, l’engagement américain pourrait rester symbolique.
Oui, Washington peut soutenir le Burkina Faso, et ce soutien est déjà réel. Mais il ne s’agit pas d’un engagement inconditionnel.
La promesse américaine est forte, mais fragile, car elle dépend de l’évolution de la relation diplomatique entre les deux pays.
Loba Perez

