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Réunis à Conakry, les dirigeants de la Guinée, de la Sierra Leone et du Libéria, avec la participation de la Côte d’Ivoire en qualité de témoin, ont engagé des discussions cruciales pour désamorcer les tensions dans la zone stratégique de l’Union du fleuve Mano.
Un sommet sous haute tension à Conakry
Le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, a présidé lundi à Conakry un sommet tripartite consacré aux différends frontaliers entre la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.
Organisée au Palais Mohammed V, la rencontre a réuni les présidents Julius Maada Bio et Joseph Boakai, en présence de la Côte d’Ivoire, représentée par la ministre Nialé Kaba, envoyée spéciale du président Alassane Ouattara.
Un contexte marqué par des incidents récents
Ce sommet intervient dans un climat de tensions accrues, marqué notamment par le déploiement récent de forces armées guinéennes dans les zones frontalières sensibles. Les autorités de Conakry justifient cette présence par des impératifs de sécurité, tout en affirmant leur volonté de privilégier une solution pacifique.
Plusieurs incidents ont ravivé les crispations ces dernières semaines dans l’espace de l’Union du fleuve Mano (MRU), une zone clé pour les échanges économiques régionaux.
Côté sierra-léonais, l’interpellation de militaires à la fin du mois de février en territoire guinéen a provoqué une montée de tension, avant leur restitution quelques jours plus tard.
Du côté du Libéria, des désaccords liés à l’exploitation de sable dans le fleuve Makona, ainsi que des différends sur la matérialisation des frontières, ont contribué à détériorer le climat.
Des incidents ont également été signalés dans le comté de Lofa, notamment dans la zone de Sorlumba, où des affrontements impliquant civils et éléments armés ont suscité de vives inquiétudes.
Dialogue et diplomatie privilégiés
Face à ces tensions, les chefs d’État ont mis l’accent sur la nécessité d’une approche concertée, fondée sur le dialogue, le respect du droit international et les mécanismes régionaux de règlement des différends.
Ils ont réaffirmé leur attachement aux principes fondamentaux :
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souveraineté des États,
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intégrité territoriale,
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inviolabilité des frontières,
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bon voisinage.
Tous ont convenu de privilégier la voie diplomatique, conformément aux engagements internationaux.
Renforcement de la coopération sécuritaire
Au terme des échanges, plusieurs mesures concrètes ont été annoncées :
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intensification des patrouilles conjointes,
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partage accru de renseignements,
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mise en place de mécanismes d’alerte rapide entre forces de défense.
Les services techniques des trois pays ont également été instruits de poursuivre les travaux de délimitation et de clarification des frontières, dans l’objectif d’aboutir à une solution consensuelle.
Vers une relance de l’Union du fleuve Mano
Dans la foulée, les dirigeants ont décidé de convoquer, dans un délai d’un mois, un sommet de l’Union du fleuve Mano afin de relancer cette organisation régionale et de renforcer la coopération en matière de sécurité, de paix et de développement.
Malgré la fermeté affichée par Conakry, Mamadi Doumbouya a insisté sur le caractère défensif du dispositif militaire guinéen, réaffirmant l’engagement de son pays en faveur d’une résolution pacifique des différends.
De son côté, Julius Maada Bio a salué « l’esprit d’ouverture et de camaraderie » ayant marqué les échanges, soulignant la volonté commune de préserver la stabilité aux frontières et de consolider les relations de bon voisinage entre les trois États.
Ljp
