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Togo : le gouvernement brandit la menace numérique

Togo : le gouvernement brandit la menace numérique

L’équilibre semble de plus en plus fragile à Lomé.  L’heure  au bras de fer. Notamment entre une jeunesse connectée, en quête de changement, et un pouvoir décidé à maintenir le contrôle.

Dans les rues de Bè et d’Akassimé, deux quartiers populaires de Lomé  la Capitale du Togo, les bruits de klaxons et de chants improvisés ont remplacé le calme habituel d’un jour de Tabaski. Le vendredi 6 juin 2025, alors que la fête musulmane se déroulait paisiblement ailleurs dans le pays, une tension sourde montait dans la capitale togolaise.

Des jeunes, en petits groupes, se sont rassemblés spontanément, criant leur frustration après l’arrestation d’Aamron, un artiste connu pour ses textes critiques envers le pouvoir. Les slogans mêlaient revendications politiques et appels à la liberté d’expression. Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, des messages viraux circulaient, certains appelant à un « soulèvement populaire ».

Face à cette agitation grandissante, le gouvernement togolais a réagi par la voix d’un communiqué officiel, condamnant fermement ce qu’il qualifie de « désinformation dangereuse » sur les plateformes numériques. Des contenus audiovisuels appelant à la révolte seraient, selon les autorités, en train de « semer le trouble dans l’opinion » et menaceraient la stabilité des institutions.

La mise en garde est claire : la liberté d’expression ne saurait être « un prétexte à l’anarchie », et les auteurs de propos jugés subversifs seront poursuivis sans ménagement.

Dans le même temps, des patrouilles de forces de l’ordre ont été déployées dans plusieurs zones sensibles. Aucun bilan officiel n’avait encore été communiqué en début de soirée, mais des échauffourées localisées ont été signalées par des témoins sur place.

Malgré ce climat tendu, la Tabaski a été célébrée dans le calme dans la majorité des localités du pays. Dans les mosquées, l’heure était aux prières, à l’abattage rituel et au partage. Une trêve spirituelle, comme un contrepoint à l’effervescence politique qui s’intensifie dans la capitale.

Mais dans les coulisses, les inquiétudes demeurent. Des organisations de la société civile, comme Internet Society Togo, appellent les autorités à ne pas céder à la tentation d’un blocage d’Internet, soulignant l’importance cruciale des libertés numériques dans une société démocratique.

Loba Perez

Équipe LeJourPile

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