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À quelques heures de la date butoir fixée par la présidence de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, Dr Boga Sako Gervais a choisi d’anticiper. Menacé de radiation pour non-reprise de service, l’universitaire et défenseur des droits de l’homme a publié, ce mercredi 14 janvier, une déclaration dans laquelle il conteste les accusations d’abandon de poste et fustige ce qu’il qualifie de « mise en scène politique ».
Accusé d’absence injustifiée au titre de l’année académique 2024-2025, Dr Boga Sako a préféré réagir avant l’expiration du délai accordé par l’administration universitaire. Une démarche qu’il présente comme un acte de clarification, dans un contexte qu’il juge déjà verrouillé sur le plan administratif.
L’enseignant-chercheur confirme avoir reçu la mise en demeure signée par le président de l’UAO, le professeur Kouakou Koffi, agissant pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur. Il affirme toutefois que son engagement professionnel n’a jamais été subordonné à une quelconque fidélité politique.
« Je suis un fonctionnaire de l’État de Côte d’Ivoire, attaché à mon pays, mais je ne suis au service d’aucun individu », soutient-il, rappelant avoir exercé à Bouaké depuis 1998, avant son intégration officielle en 2005.
Pour Dr Boga Sako, le différend dépasse largement le cadre académique. Réfugié aux États-Unis depuis juin 2025, il explique son départ par ses positions publiques contre un éventuel « quatrième mandat » du pouvoir en place. Il évoque des menaces sur sa sécurité personnelle, l’ayant contraint à quitter le pays pour la seconde fois.
Dans sa sortie anticipée, l’universitaire affirme également avoir été visé par des mesures de rétorsion, notamment la suspension de sa solde et le gel de ses comptes bancaires. Des décisions qu’il juge incompatibles avec son statut de fonctionnaire et qui, selon lui, traduisent une volonté d’écarter définitivement sa voix du débat public.
Visiblement affecté, Dr Boga Sako regrette l’implication de l’université, qu’il considère comme un espace neutre de savoir, dans des luttes politiques. Il dénonce une fracture persistante au sein du corps enseignant, héritée de la crise de 2002.
Malgré la pression administrative et la menace de radiation, l’enseignant se dit confiant et déterminé à poursuivre son combat pour les droits de l’homme. Il affirme espérer retrouver ses étudiants « en temps voulu », même si cette prise de parole avant l’échéance semble confirmer l’impasse entre lui et les autorités universitaires.
Ljp
