👁 6,277 vues
Après son élection législative partielle à Toumodi, Hervé Alliali, nouveau député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, tend la main à un parti secoué par des tensions internes. Dans un message fort baptisé « Appel de la Réconciliation », il plaide pour l’unité et le dépassement des divisions afin de redonner au PDCI un rôle central dans la vie politique ivoirienne.
La victoire d’Hervé Alliali à Toumodi ne se résume pas à un simple succès électoral. Avec 56,11 % des suffrages (7 182 voix), le candidat du PDCI-RDA s’impose largement face à Raymonde Goudou Coffi du RHDP (42,37 %) et à l’indépendant Jules Seni Konan Nanglé (0,73 %). Mais au-delà des chiffres, c’est son discours de rassemblement qui marque cette élection.
Dans une déclaration empreinte de gravité, le nouveau député a reconnu les fractures qui traversent son parti. Le PDCI-RDA, formation historique de la Côte d’Ivoire, traverse une période de turbulences marquée par des divergences stratégiques et des tensions entre cadres. Sans nier ces réalités, Hervé Alliali a choisi la voie du dialogue.
« Je les appelle, du fond du cœur, au rassemblement et les invite à laver le linge sale en famille », a-t-il lancé. Un message clair : les querelles internes ne doivent pas affaiblir le parti ni détourner son énergie de l’essentiel. Pour le député, la démocratie interne doit permettre l’expression des différences, mais elle ne peut devenir un facteur de division permanente.
Son appel à la réconciliation, désormais surnommé l’« Appel de Toumodi », vise à transformer la victoire locale en levier politique. L’objectif est de rappeler que le PDCI-RDA demeure un acteur majeur de la scène ivoirienne, capable de proposer un projet alternatif et crédible. « Le PDCI-RDA est plus fort que les egos », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de dépasser les ambitions individuelles au profit de l’intérêt collectif.
Hervé Alliali a également réaffirmé sa loyauté envers le président du parti, Tidjane Thiam, tout en ouvrant la porte à un dialogue constructif avec les voix critiques. Pour lui, l’unité ne signifie pas l’uniformité, mais la capacité à travailler ensemble malgré les différences. C’est à cette condition que le PDCI pourra retrouver son influence et jouer pleinement son rôle dans le débat national.
Cette posture contraste avec les récents épisodes de tensions qui ont marqué la vie du parti. Certains cadres appellent à des réformes internes, tandis que d’autres plaident pour un retour aux fondamentaux. Dans ce contexte, l’initiative du député de Toumodi apparaît comme une tentative de désamorcer les conflits et de recentrer le débat sur les enjeux politiques.
L’« Appel de la Réconciliation » s’adresse aussi aux militants et aux électeurs. Hervé Alliali veut rappeler que la politique ne se limite pas aux rivalités partisanes, mais qu’elle doit servir le développement et le bien-être des populations. En tendant la main à ses adversaires internes, il espère ouvrir une nouvelle page pour le PDCI-RDA.
Reste à savoir si cet appel sera entendu. Les prochaines échéances électorales constitueront un test décisif pour le parti doyen. Sa capacité à surmonter ses divisions et à présenter un front uni pourrait déterminer son poids dans le paysage politique ivoirien.
Pour Toumodi, la victoire d’Hervé Alliali est déjà porteuse d’espoir. Les électeurs ont exprimé leur confiance dans un projet de représentation et de proximité. Mais le défi du nouveau député sera de traduire cette confiance en actions concrètes et en initiatives politiques capables de rassembler au-delà des clivages.
L’« Appel de Toumodi » pourrait ainsi devenir un symbole. Celui d’une politique qui privilégie le dialogue à la confrontation et la construction collective à la division. Un message qui résonne bien au-delà des frontières de la circonscription et qui interroge l’avenir du PDCI-RDA : saura-t-il se réinventer pour redevenir une force incontournable ?
Les mois à venir apporteront des réponses. Mais une chose est certaine : la victoire d’Hervé Alliali a déjà ouvert un débat essentiel sur l’unité et la responsabilité politique. Et c’est peut-être là sa plus grande portée.
Ljp
