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Côte d’Ivoire : démission de Thiam du PDCI, une démonstration de résilience politique

ByÉquipe LeJourPile

Mai 13, 2025

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Malgré les obstacles, Tidjane Thiam montre sa capacité à adapter sa stratégie pour rester dans le jeu politique.

L’annonce de sa démission le lundi 12 mai 2025 de la présidence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), apparaît comme une manœuvre destinée à reconstituer sa légitimité de façon incontestable. Tidjane Thiam compte  se faire réélire après avoir neutralisé les recours juridiques. Ceux contestant la légalité de son élection à la tête du PDCI. Ce, au motif qu’il n’était pas pleinement ivoirien au moment de son élection en 2023.

Sa démission, suivie de la perspective probable de sa réélection révèle plusieurs dynamiques  liées aux ailles institutionnelles et flou juridique. Notamment le recours à l’article 48 du Code de la nationalité. Un texte hérité de l’époque postcoloniale. Lequel texte met en lumière les ambiguïtés persistantes. Notamment autour de la nationalité en Côte d’Ivoire, sujet hautement sensible dans l’histoire politique du pays. Toute chose qui démontre aussi comment la justice peut être mobilisée. Notamment, dans les rivalités politiques, en particulier à l’approche d’échéances électorales majeures.

« Ils ont coupé l’herbe sous le pied de la justice. Thiam est parti pour mieux revenir. Maintenant qu’il est exclusivement ivoirien, il peut tranquillement reprendre la direction du PDCI. », explique l’analyste politique Geoffroy Kouao. La probable réélection  de M. Thiam, pourra exprimer le soutien qu’il continue de recevoir de la base militante, malgré les polémiques.  Mais selon Geoffroy Kouao, si Thiam peut aisément redevenir le président du PDCI, il lui sera difficile d’être éligible pour la présidentielle du 25 octobre. L’on se souvient que sa radiation de la liste électorale le rend inéligible et qu’aucune révision de celle-ci n’est prévue avant l’élection.

« Alors que l’on était en droit d’espérer des élections inclusives, transparentes et apaisées, force est de constater que la radiation injustifiée du candidat du PDCI vient s’inscrire dans la logique de l’élimination des leaders des principaux partis politiques de l’opposition pour se garantir des élections sur mesure et une victoire certaine. », a déclaré le lundi, Tidjane Thiam.

Trois autres figures de l’opposition ayant annoncé leur intention d’être candidats sont absentes de la liste électorale. Ce, en raison de condamnations judiciaires. Il s’agit de l’ancien président (2000-2011) et opposant Laurent Gbagbo, de son ancien bras droit Charles Blé Goudé et de l’ancien chef rebelle et Premier ministre Guillaume Soro. Assurant qu’il s’agit de décisions prises par une justice indépendante, les autorités récusent régulièrement toute intervention politique dans le processus électoral.

Une posture qui révèle à la fois  selon des observateurs, la fragilité des institutions politiques, face aux enjeux de nationalité, les stratégies de contournement mobilisées par des leaders politiques pour maintenir leur influence, etc.

Loba Perez

 

Équipe LeJourPile