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Mali : Sadio Camara conduit à sa dernière demeure, Bamako célèbre un pilier de la Transition tombé sous les balles terroristes

ByÉquipe LeJourPile

Mai 1, 2026

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Le Mali a vécu, jeudi à Bamako, l’un de ses moments les plus solennels depuis le début de la Transition, en rendant un hommage national au général Sadio Camara, ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants, lors de funérailles officielles présidées par le chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.

Organisée sur la place d’armes du 34e régiment du Génie militaire, la cérémonie a réuni les plus hautes autorités de l’État, les forces de défense et de sécurité, des représentants diplomatiques ainsi que plusieurs délégations sahéliennes, venues saluer la mémoire d’un homme considéré comme l’un des principaux architectes de la refondation militaire malienne.

Aux côtés du président Assimi Goïta se trouvaient notamment le Premier ministre, le président du Conseil national de Transition, des membres du gouvernement, ainsi que des représentants du Burkina Faso et du Niger, pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), sans oublier des délégations venues de Guinée et d’anciens dignitaires maliens.

Dans un silence chargé d’émotion, le chef de l’État s’est incliné devant le cercueil recouvert du drapeau malien, avant de signer le livre de condoléances. La procession funèbre qui a suivi, rythmée par les honneurs militaires, a symbolisé la reconnaissance de toute une nation envers un officier dont le nom reste étroitement lié à la montée en puissance de l’armée malienne ces dernières années.

Point culminant de la cérémonie : Assimi Goïta a élevé, à titre posthume, Sadio Camara à la dignité de général d’armée, distinction suprême venant consacrer son engagement dans la restructuration de l’appareil de défense nationale et son rôle dans la stratégie sécuritaire du Mali.

Au nom de l’AES, le ministre burkinabè de la Défense, Célestin Simporé, a transmis les condoléances fraternelles du Burkina Faso et salué la mémoire d’un officier tombé dans le combat contre les groupes armés terroristes.

Il a rappelé que la mort du général Camara, survenue lors de l’attaque de sa résidence à Kati revendiquée par le JNIM, illustre la persistance de la menace terroriste dans la région, tout en réaffirmant la détermination des États sahéliens à poursuivre la riposte.

Les témoignages de proches, de frères d’armes et de camarades de l’École militaire interarmes de Koulikoro ont dépeint un homme de rigueur, de loyauté et de sacrifice, profondément engagé pour la souveraineté du Mali.

Dans son éloge funèbre, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a salué « un soldat d’exception, entièrement dévoué à la patrie », soulignant que son parcours demeurera une référence pour les générations futures de militaires maliens.

La sonnerie aux morts, suivie d’un défilé militaire, a marqué la fin de cette cérémonie d’État, avant que la dépouille ne soit remise à la famille pour les rites funéraires.

Ministre de la Défense depuis 2020, Sadio Camara occupait une place centrale dans l’architecture du pouvoir de Transition. Son décès constitue non seulement une perte humaine et politique majeure, mais aussi un symbole fort des risques auxquels restent confrontés les dirigeants et forces engagés dans la lutte contre l’insécurité.

À travers cet hommage national, le Mali a voulu graver dans sa mémoire collective l’image d’un homme présenté comme un bâtisseur de l’armée, tombé dans un contexte où la bataille pour la stabilité et la souveraineté demeure plus que jamais d’actualité.

Ljp