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Accusé de semer le doute au sein du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Ahoua Don Mello sort de son silence. Dans une mise au point consultée par le média Lejourpile, le vice-président du parti dénonce une « instrumentalisation politique » autour d’un document stratégique adressé à Laurent Gbagbo, et rejette fermement toute volonté de déstabilisation.
Depuis plusieurs jours, une lettre attribuée à Ahoua Don Mello circule dans la presse et alimente les tensions au sein du parti fondé par l’ancien président ivoirien. Présentée comme une proposition alternative à la candidature de Laurent Gbagbo pour la présidentielle d’octobre 2025, cette prétendue missive a suscité de nombreuses réactions, certains cadres y voyant une tentative de remise en cause du leadership du fondateur du parti.
Face à la polémique, le cabinet de Don Mello a réagi par un communiqué officiel daté du 16 juillet 2025. Il y précise que le document en question n’est ni une lettre, ni un appel à un « plan B », mais une note d’analyse stratégique transmise à Laurent Gbagbo dans un cadre strictement privé le 29 juin dernier. Selon le communiqué, il s’agissait d’un document de travail interne, comme ceux que Don Mello a régulièrement remis au président du parti dans le cadre de leur collaboration de longue date.
« Le Président Laurent Gbagbo a toujours favorablement accueilli les notes stratégiques du camarade Ahoua Don Mello, notamment dans les périodes de réflexion politique comme celle que traverse actuellement le parti à trois mois de l’élection présidentielle », souligne la mise au point.
Une fuite jugée délibérée et nuisible
Le document aurait été transmis par Laurent Gbagbo à un groupe restreint composé de Sébastien Dano Djédjé, Jean-Gervais Tchéidé et Justin Katinan Koné, chargés d’en discuter directement avec Don Mello, avant de faire un retour au président du parti. Toutefois, trois versions différentes de ce document auraient été rendues publiques, selon le vice-président, qui y voit une manœuvre orchestrée.
« Qui avait intérêt à court-circuiter une seconde rencontre avec le président du parti ? À qui profite la fuite ? », s’interroge le communiqué, dénonçant un climat de méfiance et de suspicion.
Le cabinet de Don Mello déplore en outre le communiqué officiel publié par le PPA-CI le 13 juillet, signé par Sébastien Dano Djédjé, dans lequel ce dernier affirme ne pas avoir connaissance du document. Une déclaration jugée « antidémocratique » et contraire à l’esprit de camaraderie et de transparence prôné au sein du parti.
Pas de plan B, ni de mouvement parallèle
Sur le fond, Ahoua Don Mello insiste : il ne s’agissait ni d’un plan B, ni d’une candidature de substitution. La note proposait uniquement une réflexion stratégique sur d’éventuelles « candidatures de précaution », à désigner au cas où la candidature de Laurent Gbagbo ne serait pas retenue, tout en précisant que ces candidats devraient se retirer dès que la situation se débloquerait en faveur du président du parti
« Depuis 2011, nous avons fait le choix de la chaise vide. Pouvons-nous encore prendre ce risque en 2025 ? », interroge le document.
La finalité de cette démarche, selon lui, était d’ouvrir un débat interne lucide et pragmatique, en prévision d’une élection cruciale. Cependant, regrette-t-il, aucune suite n’a été donnée à cette proposition, et l’initiative a été perçue comme une menace, plutôt qu’un appel à la réflexion.
Enfin, Ahoua Don Mello dément catégoriquement l’existence d’un quelconque mouvement politique parallèle, et qualifie de pure invention le nom de « Mouvement Souverainiste de Côte d’Ivoire » qui circule à son sujet sur les réseaux sociaux.
« Le camarade Ahoua Don Mello reste et demeure militant du PPA-CI, n’en déplaise à ceux qui lui indiquent la porte de sortie », conclut le communiqué.
Loba Perez
