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Présidentielle Camerounaise 2025: l’opposition affiche son échec par le lot de candidats

ByÉquipe LeJourPile

Juil 22, 2025

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L’annonce de 81 candidatures enregistrées pour la présidentielle camerounaise d’octobre 2025 pourrait, de prime abord, apparaître comme un signe de vitalité démocratique. Mais en y regardant de plus près, ce chiffre record trahit moins un sursaut citoyen qu’un désordre chronique au sein de l’opposition. Révélant son incapacité à s’unir et à structurer une alternative sérieuse face à un régime quadragénaire solidement enraciné.

Un émiettement stérile déguisé en pluralisme

L’opposition camerounaise offre aujourd’hui l’image d’un champ éclaté, sans boussole ni stratégie commune. Malgré des conditions d’éligibilité drastiquement renforcées, caution multipliée par 20, obligation de disposer d’élus locaux, elle n’a pas su faire bloc. Cette incapacité à mutualiser les forces s’illustre dans l’inflation même des candidatures, souvent issues de partis confidentiels, voire sans existence réelle sur le terrain. En 2018, déjà, la dispersion des voix avait largement contribué à la réélection de Paul Biya. L’histoire semble se répéter.

Une classe politique hors-sol et parfois déconnectée

Parmi les 81 prétendants, certains cas illustrent ce que d’aucun appelleraient, problème de crédibilité : un candidat de 31 ans se présente malgré un âge légal fixé à 35 ans. Le cas en question, ne dénote pas forcément d’une légèreté face à un enjeu aussi crucial que la magistrature suprême. Il est sans doute né s’une volonté exceptionnelle qui renvoie à l’idée de vouloir offrir à l’opposition, tous les atouts en matière de sang neuf. Notamment, tel  que souvent  naïvement réclamer à tors  sous certains cieux africains.  Sans bien sûr, la moindre révélation de ce que réserve un tel souhait pour demain, porté sur la précocité et  l’immaturité.

Des figures d’opposition sans leadership rassembleur

Les leaders les plus en vue, Maurice Kamto, Cabral Libii, Joshua Osih,  reviennent pour une deuxième tentative, sans avoir entre-temps renforcé leur assise populaire ni proposé de front uni. Le rejet d’une candidature unique face à Biya n’est pas dû à la répression du régime, mais bien à l’orgueil politique, aux luttes d’ego et à l’absence de vision partagée. Pendant ce temps, le RDPC de Biya conserve son appareil, sa base clientéliste et son contrôle du calendrier électoral.

Une opposition, mais pas d’alternative

À trois mois de la présidentielle, le Cameroun entre dans une campagne confuse où le nombre masque la faiblesse. Tant que l’opposition se présentera en ordre dispersé, sans projet commun, sans discipline stratégique, elle demeurera un figurant dans une pièce écrite par le pouvoir. La vraie question n’est donc pas : « Combien de candidats ? », mais bien : « Qui incarne une rupture crédible ? » Pour l’instant, la réponse reste désespérément vide.

Loba Perez

Équipe LeJourPile