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À l’heure où les tensions entre Abidjan et les pays de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) menacent de fracturer davantage l’espace ouest-africain, Tidjane Thiam sort du silence. Le président du PDCI-RDA, héritier politique de Félix Houphouët-Boigny, ne mâche pas ses mots : « Une Côte d’Ivoire qui se protège de ses voisins, c’est ridicule », tranche-t-il, lors d’une intervention sur la chaîne AFO. Tidjane Thiam, silhouette élégante mais ton ferme, est l’invité du moment sur Afromédia. Face aux caméras, il incarne une question bien plus large que sa propre candidature.
Face à une politique qu’il juge aussi inefficace que dangereuse, Thiam défend une vision de l’unité régionale fondée sur la fraternité, le dialogue et la solidarité. Pour lui, les crispations actuelles avec Bamako, Ouagadougou et Niamey sont les conséquences d’un isolement stratégique nourri par la méfiance et l’incompréhension. « Ce sont les mêmes peuples, les mêmes langues, les mêmes familles de part et d’autre des frontières. On ne peut pas ériger des murs entre frères », martèle-t-il.
Alors que certains continuent de plaider pour le retour des régimes renversés dans l’espace AES, Thiam rappelle l’héritage ivoirien : le dialogue comme arme principale. Il fustige les dépenses sécuritaires inconsidérées dont des drones achetés à prix d’or, logiques de confrontation, selon lui, dans un pays où l’école, la santé et l’emploi sont en souffrance, estime-t-il. « On a mieux à faire que d’investir dans la peur », a-t-il insisté.
Thiam promet, s’il est élu, une revitalisation des relations avec les pays voisins. Convaincu que l’avenir de la Côte d’Ivoire ne peut s’écrire qu’en coopération avec ceux qui partagent son histoire, ses peuples et ses espoirs.
« Nous ne sommes pas un pays de kalachnikov. Nous sommes une nation de dialogue. » Une phrase qui sonne comme un manifeste pour une diplomatie de la paix, à rebours des postures guerrières.
Ira, ira pas ? La question secoue les cercles politiques et agite les rues d’Abidjan.
Tidjane Thiam, président exécutif du PDCI-RDA, leader de l’opposition et héritier politique du parti de Félix Houphouët-Boigny, est au centre d’une incertitude à fort enjeu. Depuis son retour fracassant à la tête du parti en décembre 2023, l’espoir d’un renouveau s’est levé dans les rangs de l’opposition. Mais une barrière de taille se dresse : son exclusion de la liste électorale, synonyme d’inéligibilité à la présidentielle d’octobre 2025.
En exil en France, Thiam ne baisse pas les bras. Il mène un combat acharné pour obtenir la révision de cette liste, qu’il juge injuste et politiquement motivée. Il incarne aujourd’hui plus qu’un candidat : un symbole de résistance démocratique dans une course électorale sous haute tension.
À ses côtés, d’autres figures majeures de l’opposition – elles aussi écartées – dénoncent une mise à l’écart orchestrée : Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, tous unis dans une même revendication : celle d’un jeu politique équitable, d’un scrutin où la voix du peuple ne sera pas dépossédée de ses choix.
Loba Perez
