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À Guiglo, capitale du Cavally, des centaines de personnes vêtues de blanc ont marché ce 13 août 2025 pour dire « plus jamais ça » aux violences qui ont marqué l’histoire du Grand Ouest. Sous l’impulsion d’Anne Désirée Ouloto, cette Marche Blanche a lancé un Forum de quatre jours consacré à la mémoire, à la réconciliation et à l’espoir d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
Ce mercredi 13 août 2025, rien n’arrête le flot blanc qui descend les rues de Guiglo. Femmes, hommes, jeunes, anciens… ils sont venus de Taï, Toulepleu, Bloléquin et des hameaux les plus reculés. Tous vêtus de blanc, couleur choisie pour dire non à la violence et oui à la paix.
Au milieu de la foule, Anne Désirée Ouloto avance d’un pas sûr. La ministre d’État et présidente du Conseil Régional du Cavally salue, serre des mains, échange quelques mots. Derrière elle, les tambours battent un rythme grave, et les slogans fusent :
— « Pas de guerre en Côte d’Ivoire ! »
— « La paix, c’est notre choix ! »
Encadré par les forces de l’ordre, le cortège serpente du centre-ville jusqu’à la grande place publique. Cette Marche Blanche marque l’ouverture du Forum pour la paix dans le Grand Ouest, sur le thème : « De la guerre à la paix retrouvée : un symbole pour la Côte d’Ivoire, une expérience à partager ».
Sur l’estrade, le micro grésille avant de livrer une voix ferme :
« Depuis quelques semaines, nous entendons des menaces et des discours violents qui ne rassurent pas », lance Anne Ouloto, les yeux balayant la foule.
Son ton se durcit : elle n’oublie pas les années noires. Les villages abandonnés, les familles éclatées, les réfugiés dans les brousses…
« Pendant des décennies, le sang a coulé, ici, dans le Grand Ouest et partout en Côte d’Ivoire. L’histoire de notre pays nous interdit de prendre des risques. »
La fille de Toulepleu l’assure : l’élection présidentielle n’est pas une bataille, mais un acte démocratique. « Plus jamais ça » doit rester la devise.
Elle rend hommage au président Alassane Ouattara pour avoir, depuis 2011, tendu la main à l’Ouest meurtri. Mais elle prévient : la paix se construit chaque jour, et chacun porte sa part de responsabilité.
Pendant quatre jours, Guiglo va replonger dans sa mémoire collective. Pas pour raviver les rancunes, mais pour se souvenir, comprendre et consolider l’espoir. Sur la place, la foule reprend un chant, mêlant voix graves et aiguës. Le refrain se répète, comme une prière et un serment :« Paix pour toujours, paix pour nous ».
Loba Perez, envoyé spécial
