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Côte d’Ivoire: dix jeunes inventent l’art numérique au service du patrimoine ivoirien

ByÉquipe LeJourPile

Sep 12, 2025

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Après six mois de formation au FabLab Solidaire de l’Orange Digital Center Côte d’Ivoire, dix jeunes de la 3e cohorte ont présenté, jeudi 11 septembre 2025, deux prototypes interactifs qui font dialoguer tradition et technologie. Une plongée inédite dans l’histoire ivoirienne à travers l’art visuel numérique.

Dans la salle polyvalente de l’Orange Digital Center, au Plateau, l’ambiance est à la fois studieuse et festive. Sur scène, les « makers » dévoilent leurs créations : le Motubo et le M’Bonéo. Deux œuvres interactives qui, grâce aux répliques en impression 3D et aux technologies holographiques, permettent au public de découvrir autrement l’histoire de la Reine Pokou et l’univers des masques ivoiriens. La première raconte l’épopée de cette reine du XVIIIe siècle qui conduisit le peuple baoulé du Ghana vers la Côte d’Ivoire. La seconde redonne vie aux symboles et mystères des masques traditionnels.

Pour Annicet Yeboua, responsable du FabLab Solidaire, l’objectif est clair : « Créer des œuvres d’art interactives, capables de raffiner et compléter des répliques qui n’existent pas dans les musées aujourd’hui. » Avec enthousiasme, il décrit le Motubo comme une réplique en 3D enrichie d’électronique embarquée, et le M’Bonéo comme un projet holographique ouvrant une fenêtre sur le passé.

Même conviction du côté de Diack Latifa Dior, directrice du FabLab Solidaire : « Ce programme est basé sur le faire et le partage. Il permet aux jeunes d’acquérir de nouvelles compétences en fabrication numérique et de renforcer leur employabilité. » Chaque année, dix stagiaires sont sélectionnés parmi des centaines de candidatures. Cette édition, centrée sur l’« Art visuel », a été conçue en partenariat avec le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire.

Parmi plus de 350 postulants, 50 candidats avaient été retenus pour des entretiens, et seuls dix étudiants issus des universités ivoiriennes ont intégré la cohorte. Leur détermination a été saluée par l’octroi de diplômes et de médailles lors de la cérémonie.

Au-delà des récompenses, ces jeunes créateurs laissent entrevoir une nouvelle manière de faire vivre et transmettre le patrimoine ivoirien. Un pont entre passé et futur, où la mémoire des ancêtres se conjugue désormais avec les technologies du XXIe siècle.

LJP