👁 6,678 vues
À Ouagadougou, ce vendredi 19 septembre 2025, un pas décisif a été franchi pour l’Alliance des États du Sahel (AES). Les présidents des parlements du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont remis entre les mains du capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè, l’avant-projet de texte fondateur du futur parlement confédéral.
Ce document, fruit d’un travail collectif mené depuis août dernier, trace la voie vers une nouvelle architecture institutionnelle dans le Sahel. Conduite par le président de l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso, Dr Ousmane Bougouma, la délégation a insisté sur l’urgence de doter l’AES d’un organe parlementaire fort, capable d’incarner la volonté des peuples et d’ancrer la confédération dans une gouvernance partagée.
« Nous venons de transmettre l’avant-projet au camarade capitaine Ibrahim Traoré afin qu’il le partage avec ses homologues pour adoption et pour que les sessions du parlement confédéral s’ouvrent rapidement », a déclaré Dr Bougouma, appelant à une accélération du processus.
Selon lui, le capitaine Traoré s’est engagé à porter cette initiative auprès de ses pairs, Ibrahim Mohamed au Niger et Assimi Goïta au Mali, afin de transformer ce texte en réalité politique. Prévu dans le Traité constitutif de la Confédération, ce parlement confédéral vient compléter les autres organes clés et constitue un pilier de l’intégration régionale.
La veille, le 18 septembre, les présidents des trois parlements avaient déjà adopté les avant-projets du Protocole additionnel et du Règlement intérieur fixant les règles pratiques des futures sessions. Ces textes, élaborés lors d’un atelier tenu du 11 au 15 août, précisent les bases juridiques qui permettront aux députés confédéraux d’agir dans un cadre institutionnel solide.
Au-delà des procédures, l’enjeu est immense. Dans une région éprouvée par l’insécurité et les ingérences extérieures,l’AES veut se doter d’un parlement qui parle d’une seule voix sur des questions vitales : la sécurité, la gestion des ressources naturelles, l’intégration économique. L’objectif est clair : bâtir une souveraineté partagée, assise sur un cadre législatif commun, et donner au Sahel les moyens d’affirmer son destin collectif face aux défis.
LJP
