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À un mois de l’élection présidentielle, la tension politique en Côte d’Ivoire franchit un nouveau cap. Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, sera entendu ce jeudi 25 septembre par la police criminelle d’Abidjan. En cause : une plainte contre X qu’il a déposée, dénonçant une falsification présumée des documents ayant conduit à l’invalidation de sa candidature par le Conseil constitutionnel.
« Après la saisine du procureur de la République le mardi 23 septembre, notre plainte a été confiée à la police criminelle pour enquête. Je serai donc auditionné ce jeudi, à 11 heures, au Plateau », a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux mercredi soir.
L’ancien Premier ministre affirme que le dossier ayant servi de base au rejet de sa candidature ne correspond pas à celui qu’il avait déposé devant la Commission électorale indépendante (CEI). Selon lui, ses pièces ont été modifiées de manière frauduleuse : son équipe dit avoir présenté 44 000 parrains répartis dans 20 régions, alors que le Conseil constitutionnel évoque 46 000 parrains dans 33 régions, dont 21 000 jugés frauduleux.
« Nous considérons que le document transmis n’est pas celui que nous avons soumis. Il s’agit d’une falsification manifeste », insiste-t-il.
Au-delà de son cas personnel, le président du FPI met en accusation l’ensemble du processus électoral. Il dénonce une liste électorale truffée d’irrégularités et une CEI déséquilibrée qui, selon lui, ne garantit ni équité ni transparence. « Ce processus électoral, s’il est mené à terme, risque de plonger notre pays dans un conflit grave », a-t-il mis en garde, appelant à « tout reprendre à zéro » pour éviter une nouvelle crise.
Son audition intervient alors que plusieurs candidatures de figures de l’opposition ont déjà été invalidées, accentuant le climat de défiance à l’égard des institutions en charge du scrutin. Dans ce contexte, le bras de fer engagé par Affi N’Guessan n’est pas seulement une affaire individuelle : il pose de front la question de la crédibilité même du processus électoral ivoirien.
À un mois du scrutin prévu pour le 25 octobre 2025, l’audition du président du FPI s’annonce comme un moment charnière. Car derrière les procédures judiciaires, c’est l’avenir politique du pays qui se joue.
LJP
