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Réunis le samedi 27 septembre 2025, les membres de la Fédération des collectifs de souscripteurs de KDS (FECOS-KDS) ont lancé un appel solennel au gouvernement ivoirien. Ils réclament son intervention pour récupérer leurs investissements, évalués à plus de 22 milliards de FCFA, engloutis dans l’affaire KDS Holding.
Cette société, spécialisée dans le transport VTC, avait promis à des milliers de citoyens un retour sur investissement mensuel et la garantie de remboursement du capital. Mais pour la majorité des souscripteurs, le rêve s’est transformé en cauchemar.
« C’est un vrai drame humain et social », dénonce Jean Bonin Kouadio, président de l’ONG FIER. Selon lui, des familles entières ont perdu leurs économies, et certains, acculés, ont contracté des prêts qu’ils ne peuvent plus rembourser. L’administrateur général de KDS, Séverin Doga Koffo, est actuellement en prison, tandis qu’une procédure judiciaire suit son cours.
Malgré tout, les victimes gardent l’espoir. « Le ministre de la Communication avait rassuré que l’État prendrait toutes les dispositions pour dédommager les souscripteurs », rappelle M. Kouadio. Mais, dit-il, « nos attentes, aujourd’hui, c’est que les choses se traduisent très vite en actes concrets ».
Les témoignages bouleversants se sont succédé. Mlle Tioté Assétou, souscriptrice, confie avoir vu sa vie basculer : « Après deux à trois ans sans retour sur investissement, nous vivons désormais dans la misère. Nous demandons au ministre de la Justice, au ministre de la Femme et au chef de l’État de nous aider ».
Un autre souscripteur, anonyme, a raconté son drame personnel : il avait investi 10 millions de FCFA, convaincu par les apparitions publiques de KDS aux côtés d’autorités politiques. Lorsqu’il a supplié M. Koffo de lui restituer une partie de son argent pour soigner sa mère en réanimation, il a attendu en vain. Quelques jours plus tard, sa mère décédait.
Au-delà de la douleur individuelle, c’est une colère collective qui gronde. « Nous sommes plus de 30 000 familles concernées », martèlent les victimes. Elles en appellent directement au président de la République pour que la parole donnée par le gouvernement se traduise en remboursement effectif.
LJP
