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Mali : les géosciences placées au cœur d’un développement durable et inclusif

ByÉquipe LeJourPile

Oct 13, 2025

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A Bamako, la sixième Journée du géologue du Mali a réuni le samedi 11 octobre 2025, un large panel de chercheurs, d’ingénieurs et de décideurs publics autour d’un thème fort : « La géologie au service du développement durable et du développement des ressources énergétiques : pas de développement sans les femmes. »

Présidée par le ministre malien des Mines, le professeur Amadou Keïta, cette rencontre a mis en lumière le rôle crucial des sciences de la Terre dans la transformation économique du pays. Pour un Mali dont l’économie repose à près de 75 % sur l’or, la maîtrise des ressources minières et énergétiques s’impose comme un enjeu de souveraineté nationale.

D’après le rapport ITIE 2023, la production aurifère nationale s’élève à 65,91 tonnes, faisant du pays le troisième producteur d’or d’Afrique. Mais le secteur traverse des turbulences : la production industrielle a chuté de 32 % en 2025, notamment à cause de litiges entre l’État et certaines compagnies minières. Le ministère entend désormais mieux encadrer les contrats et renforcer la participation publique, portée à 30 % dans les nouveaux projets, et même 35 % pour le lithium de Goulamina, un site stratégique développé avec Ganfeng Lithium.

La Fédération des Géoscientistes du Mali (FEGEM), organisatrice de l’événement, milite pour une meilleure intégration de la géologie dans les politiques publiques. Elle compte près de 2 000 membres issus des secteurs public, privé et académique, et plaide pour une coopération scientifique renforcée face aux défis énergétiques et climatiques.

La parité a également marqué les échanges. Mme Wadiou Traoré, présidente de Women in Mining Mali, a rappelé les obstacles auxquels se heurtent les femmes dans le domaine minier. Le ministère a présenté le programme Mentorat Mines, visant à accompagner les étudiantes vers les carrières scientifiques.

En clôture, le ministre Keïta a appelé à « rapprocher la recherche de l’action publique » et à faire de la géologie « un levier de stabilité et de durabilité ». Dans un Mali en quête de diversification économique, les géoscientistes deviennent ainsi les bâtisseurs silencieux d’un avenir plus équitable et souverain.

LJP

Équipe LeJourPile