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La visite de Brahim Ghali à Nouakchott marque un geste fort dans un contexte régional en pleine recomposition diplomatique. En recevant le leader du Front Polisario et président de la RASD, Mohamed Ould Ghazouani réaffirme l’engagement historique de la Mauritanie envers le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Cette rencontre n’est pas seulement protocolaire : elle rappelle des décennies de solidarité. Dès la fin des années 1970, Nouakchott avait reconnu la RASD après son retrait du conflit, envoyant un signal clair contre les revendications territoriales contestées dans la région. Depuis, la Mauritanie a cultivé une politique constante : protéger le Sahara occidental, respecter le droit international et maintenir une neutralité active dans les dossiers sensibles.
Les liens entre Mauritaniens et Sahraouis dépassent la politique. Partage de traditions hassaniya, parentés tribales et héritage nomade commun ont consolidé une solidarité naturelle. L’accueil de réfugiés sahraouis pendant plusieurs décennies a renforcé cette dimension humaine. Aujourd’hui encore, la reconnaissance de la RASD reste pour Nouakchott un pilier de sa vision de la stabilité régionale, malgré les pressions diplomatiques et économiques exercées par Rabat.
La visite de Ghali met également en lumière la situation humanitaire dramatique dans les camps de Tindouf, où des dizaines de milliers de Sahraouis vivent depuis près de cinquante ans dans l’attente de leurs droits politiques. Elle intervient alors que les voix sahraouies se font entendre sur la scène internationale, comme celle d’Elghalia Djimi au Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 11 septembre 2025. Survivante de disparitions forcées, elle rappelle que l’autodétermination n’est pas un choix politique mais un droit juridique, confirmé par la Cour internationale de justice dès 1975 et par la jurisprudence européenne.
Le Front Polisario, appuyé par des avocats comme Manuel Devers, continue de rappeler que le Sahara occidental n’appartient pas au Maroc et que son peuple reste privé de son référendum, prévu depuis 1991 mais systématiquement bloqué. Elghalia Djimi, par son témoignage personnel, illustre les violations documentées dans les territoires occupés et dénonce l’obstruction marocaine à la surveillance internationale.
Pour la Mauritanie, recevoir Brahim Ghali, c’est réaffirmer deux principes clairs. A savoir: respecter le droit international et maintenir une neutralité active qui permet de rester un partenaire crédible. Aissi, un médiateur potentiel dans la région. Dans ce cadre, le Front Polisario reste l’acteur sahraoui reconnu. Le soutien de Nouakchott , lui, constitue un message fort à tous ceux qui tentent de marginaliser le peuple sahraoui.
Ljp
