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Économie informelle : la Côte d’Ivoire accélère sa grande transition, l’État veut sortir des millions d’actifs de la précarité

ByÉquipe LeJourPile

Mai 6, 2026

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La bataille contre l’économie informelle franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. L’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) a réuni mercredi 6 mai 2026 à Abidjan plusieurs acteurs institutionnels, experts et partenaires techniques pour valider le rapport provisoire d’évaluation de la Stratégie nationale intégrée de transition vers l’économie formelle (SNIT-EF), un programme clé destiné à transformer durablement le marché du travail ivoirien.

Un chantier stratégique pour formaliser l’économie

L’objectif affiché est clair : doter le pays d’un document de référence consensuel, solide et opérationnel afin d’orienter efficacement la mise en œuvre de cette stratégie lancée en 2021 par la Direction générale de l’emploi (DGE), avec l’appui financier de la Banque mondiale à travers le Projet emploi jeune et développement des compétences (PEJEDEC).

Pour les autorités, il s’agit d’un tournant majeur dans la lutte contre la précarité, alors qu’une large partie de la population active évolue encore dans l’informel, souvent sans protection sociale ni stabilité économique.

Cinq ans après, l’heure du bilan

Selon le directeur général de l’ONEF, Emile Koné Pénatien, cette stratégie s’inscrit dans la continuité des grandes réformes engagées depuis 2011 pour améliorer le climat des affaires, renforcer l’inclusion sociale et créer davantage d’emplois durables.

Après plusieurs années de phase pilote, le gouvernement a décidé de procéder à une évaluation approfondie afin de mesurer les acquis réels, identifier les limites et ajuster les mécanismes d’action.

« Nous sommes réunis pour examiner la pertinence du rapport, valider ses conclusions et recueillir les contributions nécessaires à l’élaboration d’un document final efficace », a expliqué le DG de l’ONEF.

L’économie informelle, un défi social majeur

Représentant le ministre de l’Emploi, le conseiller technique Diaby Mohamed a rappelé que l’économie informelle concerne encore une part considérable de la population, avec des conséquences lourdes : faible productivité, conditions de travail précaires et accès limité à la protection sociale.

Pour lui, la formalisation progressive constitue désormais une priorité nationale.
Elle doit permettre de garantir des emplois décents, renforcer les recettes fiscales de l’État et soutenir une croissance plus inclusive.

Des chiffres qui interpellent

Selon l’Enquête nationale sur l’emploi de 2019, seuls 10,8 % des actifs occupaient un emploi formel en Côte d’Ivoire, avec une situation encore plus préoccupante pour les femmes, dont seulement 5,5 % avaient accès à un emploi structuré.

Ces données illustrent l’ampleur du défi.

Des progrès déjà enregistrés

Malgré cette réalité, les autorités mettent en avant les avancées économiques obtenues ces dernières années, avec plus de 1,2 million d’emplois formels créés entre 2011 et 2023, dans un contexte de croissance soutenue.

Un outil d’aide à la décision

Les représentants de la DGE, du BIT et du Bureau de coordination des programmes emploi ont insisté sur l’importance de cette évaluation comme instrument stratégique pour améliorer les politiques publiques.

Conçue dès 2019, la SNIT-EF vise notamment à favoriser la formalisation progressive des activités, améliorer l’accès à la protection sociale, structurer les organisations professionnelles et renforcer durablement la qualité de l’emploi.

Vers une Côte d’Ivoire plus inclusive

À travers cet atelier, le gouvernement entend poser les bases d’une nouvelle phase d’action plus efficace, avec une ambition forte : transformer l’économie informelle en levier de développement structuré, réduire les inégalités et offrir à des millions d’Ivoiriens un avenir professionnel plus stable.

Ljp