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G20 à Johannesburg : le plan américain pour l’Ukraine s’impose au cœur des discussions

ByÉquipe LeJourPile

Nov 22, 2025

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L’ouverture du sommet du G20, ce samedi 22 novembre 2025 à Johannesburg, a été immédiatement dominée par le plan américain pour l’Ukraine, qui bouscule l’agenda initial et pousse les Européens à une série de consultations express en vue d’une contre-proposition, selon plusieurs sources européennes.

Bien que Donald Trump ait choisi de boycotter le sommet, les dirigeants européens présents prévoient de se réunir dans la journée avec leurs homologues canadien, japonais et australien afin d’examiner les contours du plan présenté par Washington pour mettre fin à plus de quatre ans d’invasion russe en Ukraine. « Nous travaillons à faire du plan américain quelque chose d’acceptable, en cohérence avec nos échanges antérieurs », indique une source européenne.

Le chancelier allemand Friedrich Merz affirmait déjà vendredi soir avoir « arrêté les prochaines étapes » avec Donald Trump lors d’un entretien téléphonique, signe de l’intense activité diplomatique entourant ce dossier.

Un sommet sous le signe du multilatéralisme

Réunissant 19 pays, l’Union européenne et l’Union africaine, le G20 représente 85 % du PIB mondial et près des deux tiers de la population mondiale. Pour l’Afrique du Sud, qui accueille pour la première fois le sommet, l’événement est l’occasion de souligner le rôle de cette enceinte face aux crises mondiales.
« Les défis auxquels nous faisons face exigent coopération, collaboration et partenariats », a rappelé le président Cyril Ramaphosa à l’ouverture.

Pretoria a d’ailleurs enregistré un succès rapide : une déclaration des dirigeants a été adoptée par consensus dès le début du sommet, a annoncé le ministère sud-africain des Affaires étrangères. Le texte n’a pas encore été rendu public, mais Ramaphosa y voit déjà « la preuve que le multilatéralisme peut produire des résultats ».

Inégalités, climat et ressources stratégiques au menu

La présidence sud-africaine a placé plusieurs priorités au cœur des échanges, dont la création d’un panel international sur les inégalités économiques, inspiré du GIEC climatique. L’allègement de la dette, les minerais liés à la transition énergétique — abondants en Afrique — ainsi que l’intelligence artificielle figurent également au programme.

Les discussions sur le climat sont particulièrement scrutées alors que les négociations de la COP30 au Brésil se heurtent à la question d’une sortie programmée des énergies fossiles. L’Union européenne a même évoqué la possibilité de quitter la conférence sans accord.

Tensions autour de la position américaine

Washington, qui s’était opposé à la publication d’un communiqué final en amont du sommet, juge les priorités affichées par Pretoria contraires à sa ligne politique. Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, multiplie les critiques contre le gouvernement sud-africain et a relancé le retrait américain de plusieurs instances internationales, dont l’accord de Paris sur le climat. Aucune délégation officielle américaine n’a été envoyée à la COP30.

À l’issue du sommet dimanche, l’Afrique du Sud passera le flambeau de la présidence tournante du G20 aux États-Unis. Une cérémonie à laquelle Washington pourrait être représenté par un diplomate en poste à Pretoria, dans la continuité d’une participation minimale voulue par l’administration Trump.

Ljp

Équipe LeJourPile