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Côte d’Ivoire–Botswana : Abidjan à l’école d’un modèle extractif africain performant

ByÉquipe LeJourPile

Fév 18, 2026

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En mission à Gaborone depuis le 16 février 2026, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie étudie la gouvernance botswanaise des ressources naturelles. Objectif : transformer les nouvelles découvertes aurifères et pétrolières en moteur de croissance inclusive et durable.

Une mission stratégique dans un contexte de découvertes majeures

Depuis le 17 février 2026 à Gaborone, la Côte d’Ivoire veut éviter les pièges classiques de l’économie de rente. En déplacement officiel au Botswana, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, explore les ressorts d’un modèle africain souvent cité en exemple en matière de gestion des ressources naturelles.

Alors que le sous-sol ivoirien révèle un potentiel aurifère et pétrolier inédit, Abidjan ajuste sa stratégie. L’ambition ne se limite plus à l’augmentation de la production. Il s’agit désormais de bâtir un système où les revenus extractifs financent directement l’industrialisation, les infrastructures, l’éducation et la santé.

« Arriver plus tard dans le cercle des grands producteurs constitue un avantage stratégique. Cela nous permet de tirer les leçons des expériences passées », a souligné le ministre ivoirien lors de ses échanges officiels.

S’inspirer d’un modèle africain reconnu

Au cœur de la mission : la compréhension du modèle botswanais. Le Botswana est régulièrement présenté comme un exemple de gouvernance extractive réussie. Le pays a su transformer l’exploitation de ses diamants en levier de développement structurel.

Les discussions avec la ministre botswanaise Bogolo Joy Kenewendo ont porté sur plusieurs axes stratégiques :

  • la négociation de contrats équilibrés ;

  • la transparence des revenus ;

  • la traçabilité des flux financiers ;

  • la promotion du contenu local ;

  • la formation d’une expertise nationale solide.

Le modèle botswanais repose sur une forte implication de l’État dans la chaîne de valeur et sur une gouvernance rigoureuse des ressources.

Immersion à la mine de Jwaneng

Le 17 février 2026, la délégation ivoirienne a visité la Mine de Jwaneng, considérée comme l’une des exploitations diamantifères les plus productives au monde.

Ouverte en 1982, cette mine illustre la capacité d’un pays africain à valoriser durablement ses ressources. Au-delà de sa performance économique, Jwaneng se distingue par :

  • un fort taux d’encadrement national ;

  • une expertise technique locale de haut niveau ;

  • un impact significatif sur l’économie nationale.

Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cette visite constitue un exemple concret :
« Le Botswana montre comment des ressources bien gouvernées peuvent transformer durablement une économie. C’est ce que nous voulons concrétiser en Côte d’Ivoire. »


Une coopération Sud-Sud renforcée

Cette mission marque le début d’un partenariat stratégique plus structuré entre Abidjan et Gaborone. La coopération devrait porter sur :

  • le partage d’expertise institutionnelle ;

  • l’accompagnement technique ;

  • le renforcement des capacités ;

  • la structuration d’un écosystème industriel local.

La dynamique connaîtra un moment fort à Abidjan. Le Botswana a été désigné pays à l’honneur de la deuxième édition du Salon international des ressources extractives et énergétiques, prévue du 18 au 22 novembre 2026.

Ce rendez-vous international devrait consolider les échanges stratégiques et positionner la Côte d’Ivoire comme un acteur émergent crédible dans la gouvernance extractive en Afrique.

Passer de l’exploitation à la transformation

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est clair : passer du statut d’exploitant de matières premières à celui de gestionnaire stratégique de richesses naturelles.

Cela implique :

  • une gouvernance transparente ;

  • des contrats équilibrés ;

  • une valorisation locale accrue ;

  • des investissements prioritaires dans le capital humain.

L’objectif final est d’inscrire le nouveau cycle extractif dans une trajectoire de croissance inclusive, où les revenus du sous-sol profitent durablement aux populations.

En s’inspirant du modèle botswanais, Abidjan veut démontrer qu’en Afrique, les ressources naturelles peuvent être synonymes de stabilité, d’innovation et de prospérité partagée.

Ljp