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En marge de l’année judiciaire 2026 de l’Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à Arusha, en Tanzanie, le président ghanéen a alerté sur les conséquences potentielles de l’escalade au Moyen-Orient. Selon lui, une extension du conflit aux pays du Golfe pourrait provoquer une flambée des prix du carburant et fragiliser le pouvoir d’achat au Ghana.
Lors d’un entretien bilatéral avec la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, John Dramani Mahama a exprimé ses inquiétudes quant aux répercussions économiques du conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran. Il a souligné que toute déstabilisation de la région pourrait menacer l’approvisionnement mondial en pétrole, avec des effets directs sur les économies dépendantes des importations énergétiques.
Le Ghana, a rappelé le chef de l’État, importe une part importante de son pétrole et de ses produits raffinés. Une hausse durable des cours du baril se traduirait par une augmentation des prix à la pompe, du transport et des denrées alimentaires, affectant le coût de la vie et la compétitivité des entreprises. Les pays africains, souvent tributaires des fluctuations du marché énergétique, seraient parmi les plus exposés à ces chocs externes.
Le président ghanéen a particulièrement insisté sur le rôle stratégique du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transit du pétrole mondial. Toute perturbation de cette voie maritime pourrait provoquer une flambée des prix et aggraver les tensions sur les marchés. Une telle situation, a-t-il averti, risquerait de compliquer les efforts du Ghana pour stabiliser son économie après la récente restructuration de sa dette.
Sur le plan intérieur, John Dramani Mahama a toutefois mis en avant certaines avancées économiques. Les réformes du secteur de l’orpaillage à petite échelle auraient permis d’accroître les exportations d’or de 63 à 104 tonnes métriques en neuf mois, générant environ 10 milliards de dollars de recettes. Le gouvernement ambitionne également de transformer localement une part plus importante de la production de cacao afin de renforcer la valeur ajoutée du secteur agricole.
Sur le plan diplomatique, le Ghana prévoit de soumettre le 25 mars une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies visant à faire reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme crime contre l’humanité. Cette initiative, déjà soutenue par la Tanzanie, s’inscrit dans une démarche de mémoire historique et de justice internationale.
John Dramani Mahama a conclu en appelant à une désescalade des tensions au Moyen-Orient et à une coopération accrue entre les nations pour préserver la stabilité économique mondiale. Selon lui, la solidarité internationale et le dialogue restent essentiels pour prévenir les crises et favoriser un développement durable.
Ljp
