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Le président de l’Alternative Démocratique en Côte d’Ivoire (ADCI), Assalé Tiémoko, a réuni une foule impressionnante de partisans ce samedi 2 mai 2026 à Tiassalé, dans ce qui apparaît comme une nouvelle démonstration de force politique. Dans un discours offensif aux accents de rupture, le député-maire a défendu une refondation profonde de l’État ivoirien, articulée autour d’une réforme constitutionnelle visant, selon lui, à garantir une redistribution plus juste des richesses nationales.
Face à des milliers de militants acquis à sa cause, Assalé Tiémoko a placé la question de la souveraineté économique au cœur de son projet politique. « Demain, nous ferons inscrire dans la Constitution ivoirienne que les richesses de ce pays appartiennent aux Ivoiriens », a-t-il martelé, dénonçant leur confiscation supposée par « un clan » ou « un cercle fermé ».
Pour le leader de l’ADCI, la pauvreté persistante d’une large partie de la population ne relève pas du hasard, mais d’un système politique qu’il accuse de se maintenir par l’injustice sociale. « Nous ferons aussi inscrire dans la Constitution qu’aucun camp ne pourra s’accaparer les richesses du pays pour conserver le pouvoir en maintenant la misère », a-t-il déclaré, estimant que la pauvreté ne doit plus servir de levier politique.
S’appuyant sur un constat social préoccupant, Assalé Tiémoko a rappelé que plusieurs millions d’Ivoiriens vivent encore dans une grande précarité, certains avec moins de 600 FCFA par jour. Pour lui, cette réalité impose un changement radical de gouvernance.
Sur le terrain institutionnel, l’ancien journaliste d’investigation a vivement critiqué le fonctionnement actuel de la démocratie ivoirienne, qu’il juge fragilisée. Il a particulièrement dénoncé le système de parrainage électoral, présenté comme un verrou politique plutôt qu’un mécanisme démocratique, et a appelé à une réforme en profondeur de la Commission Électorale Indépendante (CEI), ainsi qu’à une refonte complète de la liste électorale.
Malgré les controverses judiciaires récentes et les accusations portées contre lui, Assalé Tiémoko s’est voulu serein et déterminé. « Tout ce que je fais, c’est avec un bic et un micro. Si la justice a besoin de moi, je me rendrai disponible », a-t-il lancé, revendiquant son engagement politique comme un combat pacifique fondé sur la parole et l’action citoyenne.
Dans une adresse empreinte de symbolisme, il a également exhorté les autorités à permettre aux citoyens d’exprimer leurs frustrations par le débat démocratique, avertissant contre les dangers d’une colère populaire étouffée.
Rendant hommage aux figures majeures de la vie politique ivoirienne — Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara — Assalé Tiémoko a toutefois estimé que l’heure était venue pour une nouvelle génération de prendre le relais. Il s’est présenté comme l’incarnation d’un renouveau politique construit en dehors des schémas traditionnels du pouvoir.
Rejeté lors de la présidentielle de 2025 pour défaut de parrainage, le maire de Tiassalé n’a affiché aucun signe de retrait. Bien au contraire, il a transformé cette étape en moteur de mobilisation, remerciant ses soutiens pour leur fidélité depuis une décennie.
Porté par une rhétorique de changement et de justice sociale, Assalé Tiémoko a conclu son meeting sur une déclaration de foi politique : « Assalé sera président de la République de Côte d’Ivoire ».
À Tiassalé, ce rassemblement sonne ainsi comme une nouvelle étape dans la stratégie d’implantation nationale de l’ADCI, avec l’ambition affirmée de peser davantage dans le débat politique ivoirien à l’approche des futures échéances.
Ljp
