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“Un État devenu patrimoine familial” : le FPI accuse le pouvoir Ouattara et ravive les tensions sur la succession

ByÉquipe LeJourPile

Mai 4, 2026

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Le meeting du Front populaire ivoirien (FPI) tenu samedi à Abobo, dans le cadre de la célébration éclatée de la fête de la liberté, a pris des allures de réquisitoire politique. À la tribune, le vice-président du parti, Jean-Marie Konin, a vivement critiqué la gouvernance du président Alassane Ouattara, qu’il accuse de favoriser un système marqué par le népotisme.

Réunis à la place Peggy, militants et cadres du parti de Pascal Affi N’guessan ont assisté à une intervention particulièrement offensive, centrée sur la gestion du pouvoir d’État.

« Sous la gouvernance du président Alassane Ouattara, la République est devenue une affaire de famille », a déclaré Jean-Marie Konin, dénonçant la nomination de proches du chef de l’État à des postes stratégiques. Pour lui, cette pratique revient à une « privatisation du pouvoir », avant de conclure : « Un État n’est pas un patrimoine familial ».

Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par les premières projections autour de la succession du président Ouattara, réélu pour un nouveau mandat. Au sein du RHDP, les spéculations s’intensifient autour de plusieurs figures, dont Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l’État.

Actuel ministre d’État, ministre de la Défense et vice-Premier ministre, il occupe désormais une position stratégique dans l’organigramme gouvernemental, en tant que numéro deux de l’exécutif.

Sa nomination avait été justifiée par les autorités comme la reconnaissance de l’efficacité de son action à la tête du ministère de la Défense, notamment dans le renforcement des capacités des forces de sécurité.

Mais pour l’opposition, cette ascension alimente un débat récurrent sur la concentration du pouvoir. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo avait déjà dénoncé une « gestion patrimoniale du pouvoir », estimant que l’État tend à se refermer sur un cercle restreint de décideurs.

Dans ce climat, la question de la succession présidentielle devient un sujet de plus en plus présent dans l’espace public, même si les principaux concernés appellent à la retenue. Téné Birahima Ouattara lui-même a relativisé les spéculations : « C’est me faire trop d’honneur. On n’est pas encore là », avait-il déclaré.

Entre accusations de l’opposition et stratégie de communication du pouvoir, le débat sur la gouvernance et la succession s’installe durablement au cœur de l’actualité politique ivoirienne.

Ljp