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BURIDA : l’arrivée du Pr HIEN Sié consacre un choix d’État et laisse des frustrations en sourdine chez certains cadres et artistes

ByÉquipe LeJourPile

Mai 8, 2026

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La passation de charges intervenue ce jeudi 7 mai 2026 au Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA) marque bien plus qu’un simple changement administratif. Elle consacre surtout l’arrivée du Professeur HIEN Sié à la tête de l’institution, dans un contexte où de fortes attentes internes et artistiques se sont heurtées à une décision finale perçue comme tranchée par les autorités de tutelle.

Installé officiellement comme Directeur général par intérim, le Pr HIEN Sié prend désormais les commandes d’un organisme stratégique du secteur culturel ivoirien, au moment où les enjeux liés à la gestion des droits d’auteur, à la transparence et à la redistribution des revenus artistiques restent particulièrement sensibles.

Un profil salué pour son expérience et sa rigueur

Dès son installation, le nouveau Directeur général par intérim a été présenté comme un homme de méthode, de réforme et de consolidation institutionnelle. Dans un environnement souvent traversé par des tensions internes, son profil universitaire et administratif est perçu par ses soutiens comme un atout majeur pour remettre de l’ordre, renforcer la gouvernance et moderniser les outils de gestion du BURIDA.

Plusieurs observateurs estiment que sa nomination traduit une volonté claire des autorités de tutelle de stabiliser durablement l’institution et de la repositionner au service exclusif des créateurs.

Une transition encadrée et assumée par les autorités

La cérémonie de passation, supervisée par l’Inspection générale du Ministère de la Culture et de la Francophonie, s’est déroulée dans un cadre strictement institutionnel, en présence du Conseil de Gestion et de Restructuration.

L’Inspecteur Général, Dr KOUAMÉ Kouadio Williams Jacob, a rappelé les enjeux majeurs de cette nouvelle phase : modernisation du BURIDA, transparence dans la gestion et restauration de la confiance des ayants droit.

Dans le même esprit, le Président du Conseil de Gestion et de Restructuration a insisté sur la continuité du service public, tout en appelant les équipes à accompagner la nouvelle direction dans un esprit de discipline et de cohésion.

Des attentes fortes… et des déceptions en arrière-plan

Mais derrière la solennité de la cérémonie, une autre réalité se dessine en sourdine. Au sein de certains cercles du BURIDA et parmi plusieurs acteurs du monde artistique, une forme de déception persiste.

En effet, une partie des cadres et artistes espérait voir émerger une autre orientation dans la désignation à la tête de l’institution. Ces attentes, nourries par des discussions internes et des préférences assumées dans certains milieux professionnels, n’ont finalement pas été suivies d’effet.

Pour plusieurs voix discrètes du secteur, le choix du Pr HIEN Sié, bien que respecté institutionnellement, est venu refermer une fenêtre d’opportunité qu’ils jugeaient porteuse d’un changement plus aligné avec leurs aspirations immédiates.

HIEN Sié, l’homme du recentrage et de la réforme

Face à ces dynamiques contrastées, le Professeur HIEN Sié apparaît comme un choix de recentrage. Son arrivée est interprétée par ses soutiens comme celle d’un technicien de la réforme, capable de remettre l’institution sur des rails de rigueur, de discipline et d’efficacité.

Dans son intervention, il a exprimé sa gratitude à la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, tout en rendant hommage à ses prédécesseurs. Surtout, il a affiché une ligne claire : moderniser, stabiliser et renforcer la protection des droits des artistes.

Entre attentes contrariées et nouvelle gouvernance

Si la page institutionnelle se tourne dans la sérénité officielle, elle s’accompagne donc en arrière-plan d’un sentiment mitigé chez certains acteurs du secteur culturel, partagés entre respect de la décision et frustration silencieuse.

Mais pour le nouveau Directeur général par intérim, l’enjeu est ailleurs : transformer cette transition en opportunité de réforme, restaurer la confiance des créateurs et inscrire le BURIDA dans une dynamique de performance durable.

Une nouvelle ère s’ouvre

Avec le Pr HIEN Sié à sa tête, le BURIDA entre dans une phase où l’exigence de résultats primera sur les équilibres d’opinion. Une ère où la promesse de modernisation devra rapidement se confronter aux réalités du terrain artistique. Mais au-delà des débats et des déceptions initiales, c’est peut-être là que se jouera, la véritable mesure de cette nomination.

Loba Perez