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Mali : Abdoulaye Maïga plaide pour la numérisation des archives, levier de gouvernance et de transparence

ByÉquipe LeJourPile

Juin 10, 2026

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Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présidé ce mardi à Bamako les activités marquant la Journée internationale des Archives. Placée sous le thème « Garantir et renforcer la sauvegarde et l’accès aux archives par la numérisation », cette célébration a mis en lumière l’importance stratégique des archives dans la gouvernance publique, la justice et la préservation de la mémoire nationale.

À cette occasion, les autorités ont dressé un état des lieux du patrimoine archivistique national conservé par la Direction nationale des Archives du Mali (DNAM). L’institution gère actuellement près de 69 500 articles d’archives, représentant environ 7,4 kilomètres linéaires de documents couvrant aussi bien la période coloniale que l’ère contemporaine. Ces fonds documentaires concernent notamment l’administration publique, le foncier, la justice, l’économie, les finances, la santé, l’éducation, les mines et les collectivités territoriales.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a souligné que les archives constituent bien plus qu’un simple outil de conservation documentaire. Selon lui, elles représentent un instrument essentiel de preuve, de transparence et de continuité de l’action publique, particulièrement dans un contexte marqué par des défis liés à la gouvernance, aux contentieux fonciers et à la préservation de la mémoire historique.

Chargée de définir et de mettre en œuvre la politique nationale en matière d’archives, la DNAM assure la collecte, la conservation, le traitement et la communication des documents publics. Elle veille également au respect des normes de conservation au sein des administrations de l’État, des collectivités territoriales et des organismes publics.

Au cœur des échanges, la question de la numérisation s’est imposée comme un enjeu majeur pour l’avenir. Cette transformation vise à protéger les documents contre les risques de détérioration ou de disparition, à faciliter l’accès aux informations administratives et à renforcer la traçabilité des décisions publiques. Elle s’inscrit également dans la dynamique de modernisation de l’État, de dématérialisation des procédures administratives et d’intégration progressive des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.

Le Mali dispose d’un cadre législatif relatif aux archives depuis 2002. Celui-ci a été consolidé en 2018 avec l’adoption de plusieurs textes stratégiques, dont la Politique nationale des Archives et son plan d’action 2018-2022, qui prévoyaient déjà le développement de l’archivage électronique et la modernisation du système national d’archives.

L’histoire archivistique du pays remonte à l’époque coloniale. Dès 1913, des dépôts d’archives avaient été mis en place dans l’ancienne Afrique occidentale française, tandis que les archives centrales du Soudan français, installées à Koulouba, recueillaient déjà les documents produits par les administrations et services publics.

À travers cette célébration, les autorités maliennes réaffirment leur volonté de faire de la numérisation des archives un pilier de la modernisation administrative, de la sécurisation des données publiques et du renforcement de la transparence dans la gestion de l’État.

Ljp