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L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a lancé, le mardi 30 juin 2026 à Grand-Bassam, un séminaire de renforcement des capacités destiné aux principaux acteurs de la commande publique. Pendant cinq jours, les responsables des services des marchés, des acquisitions et des achats des Établissements publics nationaux (EPN), des sociétés d’État et des collectivités territoriales seront formés aux méthodes d’élaboration des critères d’évaluation et d’analyse des offres, dans le but d’améliorer la transparence, l’équité et l’efficacité des procédures de passation des marchés publics.
Cette initiative intervient dans un contexte où la qualité des critères d’évaluation est devenue un enjeu majeur pour la crédibilité du système de la commande publique et la bonne utilisation des ressources de l’État.
Lutter contre les irrégularités dans les marchés publics
À l’ouverture des travaux, la présidente de l’ARCOP, Bamba Massanfi épouse Diomandé, a expliqué que les nombreuses irrégularités relevées lors des audits et du traitement des recours trouvent souvent leur origine dans une mauvaise conception des critères d’évaluation ou dans des méthodes inadaptées d’analyse des offres.
Selon elle, ces insuffisances fragilisent les procédures, alimentent les contestations et peuvent conduire à l’annulation de marchés, avec des conséquences directes sur la réalisation des projets publics.
« Les critères d’évaluation ne doivent pas être considérés comme de simples formalités administratives ou des clauses standards reproduites mécaniquement. Ils constituent des outils stratégiques indispensables pour garantir une concurrence loyale, une sélection objective des prestataires et une utilisation optimale des ressources publiques », a-t-elle déclaré.
Des critères clairs pour des décisions incontestables
La présidente de l’ARCOP a invité les responsables de la commande publique à accorder une attention particulière à chaque étape du processus, depuis la planification jusqu’à l’attribution des marchés.
Elle a insisté sur la nécessité de définir des critères précis, mesurables, transparents et non discriminatoires, capables de résister aux recours des soumissionnaires comme aux contrôles des organes d’audit.
Pour elle, chaque note attribuée à un candidat doit pouvoir être justifiée de manière rigoureuse au regard des exigences prévues dans le dossier d’appel d’offres.
Une telle démarche, a-t-elle souligné, contribue à renforcer la confiance des entreprises envers le système de passation des marchés publics tout en consolidant les principes de transparence, d’équité et de bonne gouvernance.
Renforcer les compétences des praticiens
Durant cette session de formation, les participants approfondiront leurs connaissances sur les méthodes de construction des grilles de notation, la distinction entre les critères d’admissibilité et les critères de notation, ainsi que les techniques d’analyse des offres fondées sur des éléments objectifs.
L’objectif est de permettre aux praticiens de disposer d’outils harmonisés afin de limiter les appréciations subjectives susceptibles de compromettre l’équité des procédures.
Les échanges devraient également favoriser le partage d’expériences entre les différents acteurs impliqués dans la gestion de la commande publique.
Un levier pour une meilleure gouvernance
Pour l’ARCOP, la qualité de la commande publique dépasse la seule question administrative. Elle constitue un facteur essentiel de développement économique, de gouvernance et de confiance entre l’administration, les entreprises et les citoyens.
Des procédures transparentes et des marchés correctement attribués permettent d’accélérer la réalisation des infrastructures, d’améliorer la qualité des services publics et d’assurer une gestion plus efficiente des finances publiques.
En clôturant son intervention, Bamba Massanfi épouse Diomandé a réaffirmé la volonté de l’ARCOP de poursuivre ses actions de formation afin de professionnaliser davantage les acteurs de la commande publique et de promouvoir des pratiques conformes aux standards de bonne gouvernance.
À travers ce séminaire, l’Autorité entend contribuer à bâtir un système de passation des marchés publics plus performant, plus crédible et davantage orienté vers l’intérêt général.
Loba Christo
