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Laurent Gbagbo présente son « Pacte social » et hausse le ton sur la justice et la gouvernance

ByÉquipe LeJourPile

Juil 2, 2026

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L’ancien président de la République et président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, a dévoilé, ce jeudi 2 juillet 2026 à Abidjan, les grandes orientations de son « Pacte social », un projet politique qu’il présente comme une alternative de gouvernance destinée à replacer les citoyens au cœur des politiques publiques et à promouvoir une Côte d’Ivoire plus juste, plus solidaire et plus inclusive.

Lors d’une conférence de presse organisée à son cabinet, le leader de l’opposition est revenu sur ce document présenté une première fois le 25 juin dernier, affirmant qu’il ne s’agit ni d’un simple manifeste politique ni d’un programme électoral classique, mais d’une vision de société fondée sur la justice sociale, la cohésion nationale et le développement équitable.

Une réponse aux préoccupations des populations

Selon Laurent Gbagbo, ce Pacte social est né des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux Ivoiriens. Il a notamment évoqué la cherté de la vie, les déguerpissements, le chômage des jeunes, ainsi que les insuffisances observées dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Pour l’ancien chef de l’État, la croissance économique ne peut être considérée comme un succès si elle ne se traduit pas par une amélioration concrète des conditions de vie des populations.

« L’Ivoirien doit être placé au cœur du développement », a-t-il insisté, estimant que les politiques publiques doivent avant tout répondre aux attentes des citoyens.

Sept engagements pour une nouvelle gouvernance

Le président du PPA-CI a articulé son projet autour de sept engagements majeurs, qu’il présente comme les piliers d’un nouveau contrat social.

Il s’agit notamment de défendre le pouvoir d’achat des ménages, d’offrir davantage d’opportunités aux jeunes, de renforcer l’autonomisation des femmes tout en protégeant les familles, de promouvoir la justice sociale, de garantir les libertés individuelles, de réduire les disparités régionales et de consolider durablement la réconciliation nationale.

À ses yeux, ces priorités doivent permettre de construire une société plus équilibrée, où le mérite, l’équité et la solidarité retrouveraient toute leur place.

Un regard critique sur la gouvernance actuelle

Laurent Gbagbo a dressé un bilan critique de la situation politique et sociale du pays, estimant que les acquis démocratiques et sociaux connaissent un recul.

Il a dénoncé un système qui, selon lui, profiterait davantage à une minorité qu’à l’ensemble des citoyens, tout en évoquant un affaiblissement de la cohésion nationale et une inversion des valeurs où « la médiocrité prend le pas sur le mérite ».

Pour l’ancien président, son projet vise avant tout à remettre l’humain au centre de l’action publique.

« Ce projet n’est pas un simple catalogue de revendications ni un programme destiné uniquement à conquérir le pouvoir. C’est une vision de société fondée sur la responsabilité et la réhabilitation de l’être humain », a-t-il déclaré.

Une large consultation annoncée

Le leader du PPA-CI a indiqué que son Pacte social fera l’objet d’une vaste campagne de consultations à travers l’ensemble du territoire national ainsi qu’au sein de la diaspora ivoirienne.

Des rencontres seront organisées avec les jeunes, les femmes, les producteurs agricoles, les entrepreneurs et les différentes composantes de la société afin de recueillir leurs propositions.

Ces contributions devraient être rassemblées dans un Livre blanc, appelé à enrichir le projet et à intégrer les préoccupations exprimées par les citoyens.

Réforme électorale et détentions d’opposants

Interrogé sur la réforme de l’organe chargé des élections, Laurent Gbagbo a indiqué que son parti formulera, en temps opportun, des propositions concernant la future architecture électorale.

Il s’est également exprimé sur les détentions de plusieurs personnalités de l’opposition, adoptant un ton particulièrement ferme.

Estimant que l’image renvoyée par la justice n’était « pas bonne », il a appelé les magistrats à exercer leur mission en toute impartialité, en soulignant qu’ils ne devaient pas être perçus comme des relais du pouvoir politique.

Le président du PPA-CI a enfin laissé entendre que son parti pourrait envisager l’organisation d’une marche de protestation afin de réclamer la libération des opposants détenus, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre le combat politique par des moyens qu’il présente comme démocratiques.

Loba Christo