• jeu. Juil 16th, 2026

Migration Afrique-Europe : Sidi Touré et la Fondation Friedrich Naumann plaident pour un partenariat fondé sur la liberté et le développement

ByÉquipe LeJourPile

Juil 16, 2026

👁 7,509 vues

 

À Abidjan, Sidi Touré et Alexandra Heldt ont appelé à repenser le partenariat Afrique-Europe sur la migration, en privilégiant la mobilité, la coopération et le développement plutôt qu’une approche exclusivement sécuritaire.

Les questions migratoires doivent être abordées sous l’angle de la liberté, de la coopération et du développement, plutôt que sous celui de la seule sécurité. C’est le message porté, mercredi 15 juillet à Abidjan, par le vice-président de l’Internationale libérale et ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, ainsi que par la directrice régionale Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann (FNF), Alexandra Heldt, à l’ouverture du Forum libéral de dialogue politique.

Organisée les 15 et 16 juillet 2026, cette rencontre est placée sous le thème : « Migration, sécurité et développement : repenser le partenariat Afrique-Europe ».

Sidi Touré : « La migration est avant tout une question de liberté »

Dans son allocution d’ouverture, Sidi Touré a invité les participants à dépasser les discours anxiogènes et les perceptions négatives souvent associées aux mouvements migratoires.

« La migration n’est pas d’abord un problème. Elle est avant tout un sujet de liberté », a-t-il affirmé, estimant qu’une nouvelle lecture du phénomène migratoire s’impose aussi bien en Afrique qu’en Europe.

S’appuyant sur les statistiques des Nations unies, le ministre a rappelé que les migrants représentent seulement 3,7 % de la population mondiale, soulignant que plus de 96 % des habitants de la planète vivent dans leur pays de naissance.

« Le monde n’est pas submergé par les migrations », a-t-il insisté.

Une mobilité essentiellement africaine

Le vice-président de l’Internationale libérale a également souligné que près de 70 % des migrations africaines s’effectuent à l’intérieur du continent, illustrant ses propos par les nombreux déplacements quotidiens observés entre les pays d’Afrique de l’Ouest.

Pour lui, ces mouvements traduisent une réalité économique et sociale normale.

« Ce n’est pas une crise, c’est la vie », a déclaré Sidi Touré, rappelant que la Côte d’Ivoire demeure une terre d’accueil dont l’hospitalité est symbolisée par le traditionnel « Akwaba ».

Préserver la libre circulation en Afrique de l’Ouest

Abordant le contexte régional, le ministre s’est dit préoccupé par les conséquences du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes.

Selon lui, quelles que soient les divergences politiques entre États, les liens historiques, humains et économiques doivent être préservés.

« Les peuples sont frères, les économies sont sœurs, et la libre circulation constitue un patrimoine qu’il faut protéger », a-t-il déclaré.

Il a souhaité que les échanges du forum aboutissent à des recommandations concrètes rassemblées dans un document stratégique destiné à orienter les politiques publiques.

Alexandra Heldt appelle à dépasser les discours de rejet

Prenant la parole à son tour, la directrice régionale Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann, Alexandra Heldt, a dénoncé la montée des discours hostiles aux migrants, aussi bien sur le continent africain qu’en Europe.

Elle a notamment évoqué les violences xénophobes enregistrées en Afrique du Sud depuis plusieurs années, estimant qu’aucun pays ne peut résoudre ses difficultés économiques en faisant des migrants des boucs émissaires.

Elle a également relevé le paradoxe auquel fait face l’Europe, où la demande de main-d’œuvre demeure importante alors que les discours anti-immigration gagnent du terrain.

Selon elle, les migrations constituent au contraire un facteur d’innovation, d’entrepreneuriat et de rapprochement entre les peuples.

Vers un partenariat Afrique-Europe renouvelé

Alexandra Heldt a plaidé pour la construction d’un partenariat Afrique-Europe plus équilibré, reposant sur la mobilité, la responsabilité partagée et les valeurs de liberté.

Elle a invité les décideurs politiques à privilégier la confiance, la coopération et le dialogue plutôt que les approches fondées sur la peur et le rejet.

En clôturant son intervention, Sidi Touré a réaffirmé que l’hospitalité constitue un atout pour les sociétés africaines.

« L’hospitalité n’est pas une faiblesse, c’est une force et une véritable politique », a-t-il déclaré, estimant que la migration peut devenir un levier de prospérité partagée lorsqu’elle est accompagnée de politiques publiques adaptées.

Les travaux du Forum libéral de dialogue politique se poursuivent à Abidjan avec plusieurs panels consacrés aux dimensions juridiques, géopolitiques, économiques et humaines des migrations, dans la perspective de formuler des propositions destinées à renforcer la coopération entre l’Afrique et l’Europe.

Ljp