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Tunisie : cinq ans après le tournant politique de Kaïs Saïed, des milliers de manifestants dénoncent la crise sociale et les restrictions des libertés

ByÉquipe LeJourPile

Juil 27, 2026

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Des milliers de Tunisiens ont manifesté, samedi 25 juillet 2026, dans le centre de Tunis pour protester contre la dégradation des conditions de vie, les restrictions des libertés publiques et les longues coupures d’électricité provoquées par une vague de chaleur exceptionnelle. Cette mobilisation intervient cinq ans après les décisions prises par le président Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui avaient profondément remodelé le paysage politique tunisien.

Les manifestants ont parcouru les principales artères de la capitale en scandant des slogans dénonçant la hausse du coût de la vie, les pénuries de services essentiels et la répression des opposants. Selon plusieurs médias, des cris de « Dégage ! » et « Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix » ont rythmé le rassemblement.

Le 25 juillet 2021, à l’occasion de la fête de la République, Kaïs Saïed avait suspendu les activités du Parlement, démis le chef du gouvernement de ses fonctions et concentré l’essentiel des pouvoirs exécutifs. Élu en 2019, il avait justifié ces décisions par la nécessité de mettre fin à la crise politique et au blocage des institutions.

« Nous sommes sortis aujourd’hui pour demander des comptes » et dénoncer les « dysfonctionnements » du pays, a déclaré à l’AFP Wissem Sghaier, porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri. De son côté, l’universitaire Mouldi Gassoumi a estimé que cette mobilisation constituait « un appel populaire » pour renouer avec « les valeurs et les principes de la République ».

Depuis 2021, plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains dénoncent un recul des libertés publiques en Tunisie, évoquant des arrestations visant des responsables politiques, des journalistes, des avocats et des militants. Les autorités tunisiennes soutiennent, pour leur part, que ces mesures s’inscrivent dans la lutte contre la corruption, la protection des institutions et la préservation de la souveraineté nationale.

La contestation intervient également dans un contexte de fortes tensions sociales. Une vague de chaleur, avec des températures atteignant jusqu’à 47 °C à Tunis et 49 °C à Kairouan, a entraîné de fréquentes coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz multiplie les opérations de délestage afin de soulager le réseau, avec des interruptions pouvant durer plusieurs heures et affectant ménages, commerces et activités économiques.

Sur le plan diplomatique, cette journée de mobilisation coïncide avec une montée des tensions entre Tunis et Paris. Les autorités tunisiennes ont convoqué l’ambassadrice de France après la diffusion, sur France 24, d’un entretien avec l’ancien président Moncef Marzouki, installé en France et visé par plusieurs procédures judiciaires en Tunisie.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a dénoncé une « ingérence inacceptable », estimant que les propos diffusés portaient atteinte à la souveraineté, à la sécurité nationale et aux institutions du pays. Tunis considère également que le statut public de France 24 engage la responsabilité morale de l’État français dans cette affaire.

Ljp