👁 2,737 vues
Le Sénat de Côte d’Ivoire a remporté, le vendredi 28 août 2026 au Plateau, le Super Prix Alassane Ouattara pour la gestion des archives, lors de la sixième édition de la Grande Nuit du patrimoine archivistique(GNPA). Une distinction qui met en lumière les efforts accomplis pour préserver et valoriser la mémoire institutionnelle, dans un contexte marqué par la transformation numérique.
Le Sénat récompensé pour sa gestion des archives
Le Super Prix Alassane Ouattara constitue la distinction majeure de la soirée. Il a été attribué au Sénat au terme d’un processus d’évaluation conduit par un jury de cinq membres, présidé par Dr Dao Salifou, enseignant-chercheur en sciences de l’information documentaire.
Les candidats ont notamment été évalués sur le respect des normes archivistiques, les ressources humaines, les conditions de conservation, les outils de gestion documentaire, la gouvernance, les infrastructures informatiques et les innovations.
Représentant la présidente du Sénat, Kandia Kamissoko Camara, le sénateur Gouetebi Soho Charles a salué cette reconnaissance. Il a estimé que « la préservation, le classement, la numérisation et la valorisation des archives devraient être considérés comme de véritables investissements dans la mémoire et dans l’avenir de la République ».
Dr Édouard Fonh-Gbéi : « Du document à la donnée »
Parrain de la cérémonie, Dr Édouard Fonh-Gbéi, directeur général du CNTIG, a donné une dimension particulière à cette édition en mettant l’accent sur l’avenir du métier d’archiviste.

« Nous devons passer progressivement de la conservation à la valorisation, du document à la donnée, de la donnée à la connaissance », a-t-il déclaré.
Avec la digitalisation des administrations, l’explosion des volumes de données et l’essor de l’intelligence artificielle, le parrain estime que les professionnels doivent adapter leurs pratiques. Il a notamment encouragé les jeunes archivistes à se former aux outils numériques et à faire de l’intelligence artificielle un allié.
« La technologie peut transformer les outils, mais elle ne peut jamais remplacer la responsabilité humaine », a-t-il toutefois prévenu, insistant sur les exigences d’authenticité, de sécurité et de traçabilité.
Faire des archives un enjeu de gouvernance
Dans la même dynamique, le président de l’AJACI, Charles Kouadio Kouassi, a rappelé que l’objectif de cette Grande Nuit dépasse la remise de distinctions.

« Nous ne voulons pas seulement remettre des prix. Nous voulons créer une culture de l’archive, encourager les bonnes pratiques et susciter une véritable prise de conscience », a-t-il affirmé.
Pour l’AJACI, les archives doivent désormais être considérées comme un enjeu stratégique par les administrations, les entreprises, les collectivités et les institutions internationales. Organisée par l’Association des jeunes archivistes de Côte d’Ivoire (AJACI), la cérémonie a rassemblé des représentants d’institutions de la République, des professionnels des sciences de l’information documentaire ainsi que plusieurs partenaires du secteur.
La soirée a été marquée par plusieurs distinctions réparties en quatre catégories : administration publique, administration privée, institutions d’État et de la République, ainsi qu’organismes et institutions internationales. Bien que nominée, la catégorie administration publique n’a finalement pas enregistré de lauréat.
Loba Perez
