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Sénégal : les retraités se mobilisent contre les nouveaux Codes du travail et de sécurité sociale

ByÉquipe LeJourPile

Août 31, 2026

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Les organisations nationales de retraités du Sénégal durcissent le ton contre le nouveau Code du travail et le Code unique de sécurité sociale. Réunies à Dakar avec le Front syndical pour la défense du travail, elles dénoncent plusieurs dispositions qu’elles estiment susceptibles de fragiliser les acquis sociaux, le système de retraite et l’autonomie de gestion de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES).

À l’issue de leur rencontre, les représentants des retraités ont adopté une résolution appelant à renforcer la mobilisation contre les nouveaux textes récemment adoptés par l’Assemblée nationale.

La réunion était présidée par Mody Guiro, premier vice-président du Conseil d’administration de l’IPRES, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) et membre du Conseil d’administration du Bureau international du Travail (BIT).

L’autonomie de l’IPRES au centre des inquiétudes

Les retraités contestent notamment les nouvelles dispositions relatives à la gouvernance de l’IPRES. Ils redoutent un renforcement du pouvoir de l’État dans la nomination et la révocation du directeur général de l’institution.

« Si on permet aujourd’hui à l’État de pouvoir nommer le DG de l’IPRES ou de le dégommer, on ne voit plus la responsabilité du conseil d’administration », ont-ils déploré, estimant que cette évolution pourrait remettre en cause l’autonomie de gestion acquise par l’institution depuis les réformes des années 1990.

Les organisations évoquent également la crise de 1991, période durant laquelle, selon elles, l’intervention directe de l’État dans la gestion de l’IPRES et l’utilisation de ressources de ses caisses avaient contribué à fragiliser financièrement l’institution.

Elles affirment par ailleurs que les dettes de l’État envers l’IPRES dépasseraient actuellement 100 milliards de francs CFA, une situation qu’elles considèrent comme préoccupante pour la pérennité du système de retraite.

Les syndicats dénoncent un « forcing »

Le Front syndical pour la défense du travail au Sénégal, qui regroupe 12 centrales syndicales, partage ces préoccupations.

Il reproche au ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, d’avoir rompu, selon lui, avec le principe de concertation avec les partenaires sociaux et d’avoir introduit des modifications importantes dans les textes sans parvenir à un consensus.

Le Front syndical conteste ainsi les conditions d’adoption des nouveaux codes et dénonce un passage en force lors du processus législatif.

Une mobilisation de 72 heures en préparation

Face à ces désaccords, les retraités et les organisations syndicales annoncent plusieurs actions. Ils envisagent notamment de solliciter une audience auprès du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de saisir le Bureau international du Travail et d’organiser une grève générale de 72 heures.

Cette mobilisation prolongerait la grève de 24 heures observée le 10 juillet dernier. Des marches à travers le pays ainsi que des rencontres d’information avec les délégués syndicaux sont également envisagées.

Réunissant des représentants venus des 14 régions du Sénégal, les organisations de retraités affirment vouloir obtenir la réouverture du dialogue avec les autorités et la révision des dispositions qu’elles considèrent comme susceptibles de menacer la protection sociale et l’autonomie de l’IPRES.

Ljp