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Niger : Niamey durcit le ton contre Paris et menace de saisir la justice internationale

ByÉquipe LeJourPile

Sep 5, 2026

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Le Niger hausse le ton contre la France. Réuni vendredi sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a accusé Paris d’être au cœur d’un « vaste réseau de connivences » impliqué, selon les autorités nigériennes, dans la tentative de déstabilisation survenue les 28 et 29 août à Niamey.

Face à ce qu’il qualifie d’« agression », le gouvernement affirme avoir rassemblé une « documentation conséquente » et se réserve désormais la possibilité d’engager des poursuites devant la justice internationale.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, les événements des 28 et 29 août auraient été « orchestrés » par des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS), notamment au niveau de la base aérienne 101.

Pour Niamey, l’affaire dépasserait largement le cadre national. Le gouvernement évoque des « ramifications internationales » et accuse directement « le régime français de monsieur (Emmanuel) Macron » de piloter un réseau destiné, selon lui, à déstabiliser le Niger, à remettre en cause sa politique de souveraineté et à reprendre le contrôle de ses ressources naturelles.

Niamey évoque des « preuves » documentaires

Le gouvernement nigérien affirme avoir constitué un dossier important sur les événements. Cette « documentation conséquente » pourrait servir de base à d’éventuelles démarches judiciaires.

« Le Niger se réserve le droit d’intenter des actions devant la justice internationale », indique ainsi le Conseil des ministres.

Cette menace judiciaire constitue une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Niamey et Paris, alors que les autorités nigériennes multiplient depuis plusieurs années les accusations contre la France.

Le gouvernement met également en cause certains États africains, qu’il présente comme des « passerelles aux actions déstabilisatrices » attribuées à Paris.

Un arsenal militaire présenté par les autorités

Dans le cadre de leur présentation des affrontements, les autorités nigériennes avaient également exposé un important arsenal qui aurait été récupéré après les combats.

Le matériel présenté comprend notamment 34 pick-up équipés d’armes de bord, deux véhicules blindés légers, plusieurs dizaines de motos ainsi qu’un important stock d’armes et de munitions.

Parmi les équipements cités figurent des fusils AK-47, des lance-roquettes RPG-7, des mitrailleuses PKM et des armes de calibres 12,7 et 14,5 mm.

Niamey attribue cet arsenal aux éléments du BSR-COS qu’il accuse d’avoir participé aux attaques contre la base aérienne 101 et plusieurs installations stratégiques de la capitale.

Le témoignage d’un officier au centre des soupçons

Ces accusations interviennent après le témoignage du capitaine Roger Gabriel, diffusé mardi par la Radio Télévision du Niger. L’officier y évoque plusieurs scénarios présumés d’intervention extérieure en appui aux éléments impliqués dans les affrontements.

La France, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Tchad sont notamment cités dans son témoignage.

Ces affirmations ont toutefois été rejetées par plusieurs des pays concernés. Le Nigeria a dénoncé des informations « fausses et malveillantes » faisant état de son implication ou d’un soutien de la Cédéao. Le Bénin a également fermement démenti toute participation à une quelconque tentative de déstabilisation du Niger.

Cotonou veut éviter une nouvelle escalade

À Cotonou, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a une nouvelle fois appelé à l’apaisement.

« La conviction du gouvernement, c’est qu’à un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi, et que les relations vont se normaliser », a-t-il déclaré.

Il a réaffirmé l’opposition du Bénin à toute tentative de déstabilisation du Niger, hier comme aujourd’hui.

Alors que Niamey envisage désormais une possible action devant la justice internationale, le dossier reste marqué par des accusations croisées dont plusieurs éléments n’ont pas, à ce stade, été établis de manière indépendante.

Ljp