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Après la suspension de sa diffusion en Guinée, France 24 a reconnu une erreur à l’antenne et présenté ses excuses au président Mamadi Doumbouya. Dans une lettre adressée directement au chef de l’État, la directrice de la chaîne, Vanessa Burggraf, demande désormais que les mesures prises contre le média soient réexaminées.
La crise entre France 24 et les autorités guinéennes connaît un nouveau rebondissement.
Quelques jours après une séquence au cours de laquelle Mamadi Doumbouya a été qualifié à l’antenne de « président putschiste », la direction de France 24 a officiellement reconnu une erreur et présenté ses excuses.
Dans une correspondance datée du 17 septembre, la directrice de la chaîne, Vanessa Burggraf, explique qu’un journaliste a employé un « qualificatif inexact ». Elle précise que la faute a été rapidement reconnue et corrigée, à l’antenne comme sur les plateformes numériques de la chaîne.
Le journaliste rappelé à ses responsabilités
France 24 ne s’est pas limitée à la rectification publique.
Selon Vanessa Burggraf, le journaliste concerné a été convoqué par la direction afin qu’il lui soit rappelé la responsabilité liée à son travail sur une chaîne internationale. Il a également présenté personnellement ses excuses à l’antenne.
La direction affirme par ailleurs avoir demandé à l’ensemble de la rédaction de faire preuve d’une vigilance accrue afin d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise.
Une sanction toujours au cœur du dossier
Ces excuses interviennent alors que la Haute Autorité de la Communication (HAC) a pris des mesures contre France 24 en Guinée.
Le régulateur avait demandé à la chaîne de rectifier les propos contestés avant de décider de suspendre sa diffusion dans le pays. La mesure a placé le différend sur un terrain qui dépasse désormais la seule question du choix des mots à l’antenne.
Dans son courrier, Vanessa Burggraf indique que France 24 s’est conformée aux demandes de la HAC et dit comprendre que la formulation utilisée ait pu heurter les autorités guinéennes.
Mais la directrice va plus loin : elle demande directement au président Doumbouya que les mesures prises contre la chaîne soient réexaminées.
Que va décider Conakry ?
C’est désormais la principale inconnue de cette affaire.
France 24 a reconnu l’erreur, le journaliste s’est excusé et la direction de la chaîne a officiellement saisi le chef de l’État guinéen.
Reste à savoir si cette démarche suffira à ouvrir la voie à un réexamen de la sanction.
Au-delà de l’incident, l’affaire pose une question sensible pour les médias internationaux : jusqu’où va la responsabilité éditoriale d’une chaîne lorsqu’une erreur de formulation provoque une confrontation avec le régulateur d’un État ?
La réponse des autorités guinéennes devrait déterminer la prochaine étape de ce bras de fer entre France 24 et Conakry.
Ljp
