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Côte d’Ivoire : la CPI sous pression, le retour de Tidjane Thiam au cœur du débat

ByÉquipe LeJourPile

Oct 7, 2026

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Alors que l’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme demande à la Cour pénale internationale de faire le point sur ses investigations concernant la crise ivoirienne, le PDCI-RDA précise les conditions qu’il juge nécessaires au retour de son président, Tidjane Thiam, absent du pays depuis plus d’un an. Deux dossiers qui alimentent largement les débats dans la presse ivoirienne.

La justice internationale et le retour de Tidjane Thiam occupent une place importante dans les journaux ivoiriens ce mercredi 7 octobre 2026. D’un côté, l’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme (OIDH) interpelle la Cour pénale internationale (CPI) sur l’état de ses investigations en Côte d’Ivoire. De l’autre, le PDCI-RDA revient sur les conditions qu’il pose pour le retour de son président au pays.

L’OIDH demande des comptes à la CPI

Quinze ans après l’autorisation d’ouverture de l’enquête sur la situation ivoirienne, l’OIDH estime que les victimes des différentes crises restent en attente de réponses.

Dans une note transmise à l’Agence ivoirienne de presse, l’organisation indique avoir saisi, le 3 octobre, le Bureau du procureur de la CPI afin d’obtenir un état actualisé des investigations portant sur la période 2002-2011.

L’OIDH souhaite notamment connaître l’avancement des enquêtes, les démarches entreprises pour identifier les auteurs présumés des crimes examinés dans le dossier « Côte d’Ivoire I » et les dispositions prises pour maintenir le dialogue avec les organisations de la société civile.

Cette démarche intervient alors que plusieurs procédures ouvertes devant la CPI ont déjà connu leur épilogue. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été définitivement acquittés en mars 2021, tandis que les poursuites contre Simone Gbagbo ont été abandonnées quelques mois plus tard, en juillet 2021.

Pour l’OIDH, ces décisions ne suffisent toutefois pas à clore la question judiciaire liée aux violences commises lors des différentes crises ivoiriennes. L’organisation cite notamment les événements de Bouaké, Monoko-Zohi, Korhogo, Guitrozon, Petit-Duékoué et Duékoué-Carrefour.

La presse ivoirienne relaie diversement cette demande. Le Quotidien d’Abidjan appelle ainsi à faire toute la lumière sur les investigations visant le camp Ouattara, tandis que Le Canard Déchaîné adopte un ton beaucoup plus critique à l’égard du procureur de la CPI. Ces appréciations relèvent toutefois des lignes éditoriales respectives de ces publications.

Le retour de Thiam soumis à des « assurances »

Autre dossier largement commenté : celui de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, qui se trouve hors de Côte d’Ivoire depuis plus d’un an.

Interrogé sur les raisons de cette absence et sur les conditions d’un éventuel retour, le porte-parole du PDCI-RDA, Soumaïla Brédoumy, a évoqué un climat de crainte au sein de l’opposition.

« Nous tous, nous avons la peur au ventre… », rapporte Soir Info, en citant le responsable politique.

Le parti réclame ainsi des « assurances pour Thiam » avant son retour en Côte d’Ivoire, selon L’Inter. Une exigence que Brédoumy présente comme une condition préalable. Si ces garanties sont réunies, le retour pourrait intervenir rapidement, le porte-parole allant jusqu’à déclarer, selon Le Nouveau Réveil, que « demain ou après-demain, Thiam revient ».

Une exigence contestée par la presse proche du pouvoir

Cette position du PDCI-RDA suscite toutefois une réaction dans les journaux proches du pouvoir.

Le Jour Plus s’interroge notamment sur la nature des assurances réclamées par le parti, en rappelant la position exprimée par le gouvernement en avril : « M. Thiam est un citoyen ivoirien libre et à ce titre il peut rentrer quand il le souhaite ».

De son côté, L’@venir met l’accent sur l’évolution du discours du PDCI-RDA. Le journal oppose la présentation faite en 2025, lorsque l’absence de Thiam était décrite comme une mission, à la demande actuelle d’« assurance » pour permettre son retour.

Au-delà des lectures divergentes de la presse, les deux dossiers renvoient à une même question : les conditions politiques et judiciaires susceptibles de favoriser l’apaisement du climat national et la confiance entre les différents acteurs ivoiriens.

Entre la demande de l’OIDH adressée à la justice internationale et les garanties réclamées par le PDCI-RDA pour le retour de son président, la question de la confiance reste ainsi au centre du débat politique ivoirien.

Ljp